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La révolution syrienne dans l’œil des téléphones cellulaires

L'artiste libanais Rabih Mroué a créé une vidéoconférence intitulée The Pixelated Revolution dans laquelle il relate la révolution syrienne à travers les vidéos faites par les citoyens syriens. Cette oeuvre puissante sera exposée à la galerie UQO, à Gatineau, à partir du 10 janvier.

Un texte d'Agnès Chapsal pour Les Malins

Dans la vidéo qui sera projetée dans la galerie, l'artiste explique sa démarche : « J'étais sur Internet, naviguant d'un site à l'autre et recherchant des faits et des preuves qui pourraient me donner des informations sur la mort et la Syrie actuelle. »

Parmi les vidéos collectées par l'artiste et qui étaient partagées sur les réseaux sociaux, on est plongé sans filtre au coeur de la révolution syrienne.

Dans l'une d'elles, on découvre un tireur isolé posté sur un toit. Il disparaît, puis on le retrouve dans un recoin. On entend les commentaires d'un citoyen qui le filme, des déflagrations, puis le téléphone cellulaire tombe par terre et l'image se fige sur un gros plan du sol. L'homme qui filme dit : « Je suis blessé, je suis blessé ». Puis on n'entend plus rien.

« On a une façon d’entrer dans le fait réel, dans la guerre, qui est hautement percutante. C’est la raison pour laquelle on a décidé de présenter cette œuvre-là, bien que lorsque l’œuvre a été produite, on ne pouvait pas se douter que la guerre en Syrie prenne la tournure qu’elle a prise », explique la directrice de la galerie UQO et commissaire de l’exposition, Marie-Hélène Leblanc.

L'artiste analyse la production de ces images, son processus de recherche, mais aussi le mouvement de journalisme citoyen né pendant le printemps arabe.

Filmées avec des téléphones cellulaires, les images sont très pixélisées, d’où le titre The Pixelated Revolution. Elles rendent ainsi l'identification des tireurs et des manifestants difficile.

Doctorante en esthétique et chargée de cours à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, Mirna Boya-Djian présentera l'oeuvre de Rabih Mroué lors du vernissage de l'exposition. Selon Mme Boya-Djian, l'artiste « compose de nouvelles narrativités de la guerre ».

« Dans le monde de l'information [...], il y a une homogénéité, une certaine répétition visuelle qui fait qu'il y a aussi une certaine accoutumance, alors que le contexte artistique nous permet vraiment une autre disposition », avance Mme Boya-Djian, qui a elle-même fui la guerre du Liban avec ses parents.

L'exposition se tient du 10 janvier au 3 février à la galerie UQO. La conférence de Mme Boya-Djian aura lieu le 10 janvier à 17 h.

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