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La seule médecin d'Hawkesbury prescrivant de la méthadone cesse son service

Madeline O'Connor, la seule médecin qui pouvait prescrire de la méthadone à Hawkesbury pour traiter les toxicomanes dépendants aux opiacés vient d'annoncer à ses patients qu'ils devront dorénavant se passer de ses services.

Jusqu'à tout récemment, elle était la seule médecin dans les environs d'Hawkesbury à pouvoir prescrire de la méthadone.

Au cours des trois dernières années, des consommateurs d'opiacés ont pu bénéficier des services offerts par la Dre O'Connor et son bras droit, Dave Cochrane, un conseiller en toxicomanie.

Toutefois, la médecin a dû se contraindre à mettre un terme à ces services. Il lui était de plus en plus difficile de se conformer aux règles de l'Ordre des médecins et chirurgiens de l'Ontario.

« On me demandait, entre autres, d'effectuer des analyses d'urine plus fréquemment, mais je n'ai pas les moyens d'embaucher le personnel nécessaire »,a-t-elle expliqué.

Afin d'être rentable, il lui aurait fallu un volume plus élevé de patients. C'est en partie pour cette raison qu'elle a décidé de fermer sa clinique de méthadone.

D'autres options pour les toxicomanes orphelins

L'accessibilité à ce traitement est donc réduite dans l'Est ontarien.

Afin de pallier ce manque, la directrice du Centre régional de santé mentale et toxicomanie (CRSMT) à Hawkesbury, Geneviève Arturi, explique que deux options se présentent aux patients orphelins.

Ils peuvent être référés à d'autres cliniques spécialisées, mais celles-ci sont situées à Cornwall et à Ottawa, ce qui est loin d'être un scénario idéal pour une clientèle aussi vulnérable.

« Des fois, c'est plus qu'une fois semaine. Donc, si on a à se déplacer en ville à cette fréquence-là, on ne peut pas dire que c'est durable pour les clients à long terme », a-t-elle dit.

L'autre option, c'est le service de consultation à distance offert par le CRSMT à Hawkesbury.

« On a un infirmier spécialisé en toxicomanie. Un intervenant aussi, un conseiller en toxicomanie. Donc, cette équipe-là appuie la clinique de télémédecine. Le client, lorsqu'il se présente ici, il n'est pas seul à attendre le médecin sur la télé », a-t-elle fait savoir.

L'approche de la télémédecine dans le cadre d'un traitement de substitution aux opiacés, Dave Cochrane, lui-même un ancien toxicomane, ne croit pas en son efficacité. Il qualifie l'approche de blague.

Il espère que l'Ordre des médecins fera éventuellement preuve d'un peu plus de souplesse afin de permettre aux plus petites cliniques situées en région de poursuivre leur mission.

« Il faut privilégier les contacts entre individus. C'est ce type d'approche qui permet aux toxicomanes de s'affranchir d'une dépendance », a-t-il conclu.

D'après le reportage de Denis Babin

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