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La STO critiquée dans le rapport du vérificateur général

Dans son rapport annuel 2015, déposé mardi, le vérificateur général par intérim de la Ville de Gatineau, Alain Lalonde, blâme la Société de transport de l'Outaouais (STO) pour de nombreux problèmes dans la gestion de l'entretien de sa flotte.

Il souligne notamment que des mécaniciens doivent souvent entreprendre des réparations sans qu'on ait préalablement vérifié la disponibilité des pièces.

Le vérificateur général constate qu'environ 7,3 véhicules de la STO sont mis hors service quotidiennement à cause du manque de pièces. Malgré tout, le transporteur public réussit à assurer plus de 99,9 % des voyages prévus.

« Bien que la disponibilité des véhicules soit au rendez-vous pour les usagers, la gestion quotidienne des activités d'entretien ne permet pas de s'assurer de fournir des véhicules fiables, au moindre coût possible et de façon efficiente », écrit le vérificateur général dans le sommaire de son rapport.

En mêlée de presse, le vérificateur général s'est montré particulièrement virulent à propos d'un rapport produit en 1996, qui stipulait déjà que le processus d'acquisition des pièces de rechange ne permettait pas à la STO d'être performante. Selon lui, rien n'a changé depuis.

« C'est un peu décevant de voir que l'information disponible n'a pas été utilisée pendant une si longue période de temps et que nous, 20 ans plus tard, on fait le même constat », a-t-il souligné.

Pas un enjeu de sécurité

Bien que le rapport d'Alain Lalonde ne soit guerre tendre envers le transporteur public gatinois, il estime que la sécurité des passagers n'a cependant jamais été remise en cause.

« Dans le cadre de notre vérification, on a observé différents enjeux au niveau de l'entretien préventif et des vérifications avant départ. On n'a pas trouvé des éléments qui nous font dire que la sécurité des gens a été en danger. C'est très important », a-t-il indiqué, lorsque questionné sur le sujet.

Il a affirmé que s'il se fiait aux intentions du conseil d'administration de la STO, ces nouvelles recommandations feront cette fois l'objet d'un suivi. Il a aussi rappelé que l'évolution de la situation sera scrutée par son successeur qui devrait s'y intéresser à nouveau d'ici deux à trois ans.

Selon lui, la gestion efficiente des pièces est un passage obligé pour réaliser des économies. Il ajoute que l'enjeu fondamental est la définition d'objectifs clairs et leur suivi, afin que les cibles fixées soient atteintes.

Un rapport reçu avec « sérieux »

Dans une déclaration écrite, le président de la STO, Gilles Carpentier, a dit accueillir les recommandations de M. Lalonde avec « sérieux ».

Il y souligne que le rapport complète et affine l'analyse du diagnostic organisationnel mené en 2015 au sein de l'organisme.

Il ajoute que certains dysfonctionnements feront l'objet d'une enquête interne, même si certains correctifs ont déjà été apportés et que des procédures permettent de garantir que les véhicules sont sécuritaires.

« Il y a maintenant les mécanismes en place qui font qu'il n'y a aucun véhicule qui sort du stationnement sans que le programme d'entretien préventif a été validé, contre-vérifié et que les chauffeurs procèdent à ce qu'on appelle une vérification avant départ », précise-t-il.

La STO fait valoir en outre que l'entrée en service d'un second centre de transport, l'hiver prochain, devrait l'aider à corriger certaines lacunes mises en lumière par le vérificateur général.

Par ailleurs, un plan d'action accompagné d'un échéancier et répondant à l'ensemble des recommandations du rapport sera déposé au plus tard le 15 septembre prochain.

Avec les informations du journaliste Jean-Sébastien Marier

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