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La STO n'est pas un service essentiel; un débrayage possible dès vendredi

Les chauffeurs et les employés d'entretien de la Société de transport de l'Outaouais (STO) pourraient déclencher des moyens de pression dès vendredi matin. C'est ce qu'a fait savoir le Syndicat uni du transport, lundi après-midi, quelques minutes après l'annonce de la décision du Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) à l'effet que la STO n'est pas un service essentiel.

En entrevue à l'émission Sur le vif, le président du Syndicat, Félix Gendron, a indiqué avoir envoyé un préavis de 72 heures à la partie patronale, sans toutefois dévoiler exactement ce qui attend les usagers.

« Selon la loi au Canada [...] juste d'arrêter l'overtime, le temps supplémentaire, pourrait être considéré comme une grève », a-t-il expliqué. « Donc, ça peut prendre plusieurs formes. »

À partir de vendredi matin, il pourrait y avoir toutes sortes de manoeuvres qui pourraient être faites.

Félix Gendron, président du Syndicat uni du transport

Interrogé sur la question, M. Gendron n'a pas exclu la possibilité d'une grève générale illimitée dès vendredi, tout en affirmant vouloir d'abord s'adresser à ses membres au cours d'une assemblée prévue mercredi soir.

Rappelons que les chauffeurs et les employés d'entretien de la STO ont voté à plus de 98 % pour un mandat de grève, le 11 décembre dernier. Selon M. Gendron, les négociations en vue du renouvellement de la convention collective « stagnent » depuis deux ans.

La STO ouverte à la négociation

Également en entrevue à Sur le vif, la responsable des affaires publiques de la STO, Céline Gauthier, s'est d'abord réjouie que M. Gendron se dise ouvert à revenir à la table des négociations, qu'il a quittée le 6 janvier.

« Je pense que c'est une bonne nouvelle pour la STO, mais pour la clientèle également », a-t-elle affirmé, indiquant du même souffle qu'une rencontre est prévue devant un médiateur vendredi.

Nous, on est prêt à négocier. Alors, évidemment, pour négocier, il faut être deux.

Céline Gauthier, porte-parole de la STO

Au moment de l'entrevue, Mme Gauthier n'était toutefois pas encore au fait de l'envoi du préavis par la partie syndicale. Elle a dit que le transporteur public commentera en temps et lieu.

Mme Gauthier a également dit être déçue de la décision du Conseil canadien des relations industrielles, un avis partagé par le président du conseil d'administration de la STO, Gilles Carpentier.

« Nous devons respecter la décision rendue aujourd’hui par le CCRI bien qu’il s’agisse d’une très mauvaise nouvelle pour la population et notre clientèle », a indiqué ce dernier par voie de communiqué. « La STO demeure convaincue, dans le contexte régional, que le transport en commun est un service essentiel. La STO a la ferme conviction d’en avoir fait la démonstration. »

La décision du CCRI était attendue

La STO avait demandé au CCRI de lui accorder le statut de service essentiel. Cela aurait forcé ses chauffeurs à travailler lors des heures de pointe, advenant une grève générale illimitée.

Pendant les audiences, le transporteur public a affirmé qu'une grève risquerait « d'occasionner de façon immédiate et grave une atteinte à la santé et à la sécurité du public » en contribuant à une circulation automobile accrue, qui pourrait, notamment, rallonger les délais l'intervention des services d'urgence.

Les avocats du Syndicat uni du transport en Outaouais ont pour leur part soutenu que, sans les autobus, les ambulances et les camions de pompiers pourraient circuler plus rapidement en empruntant les voies réservées aux véhicules de la STO.

La partie syndicale a aussi rappelé que le droit d'association et le droit de grève sont des droits fondamentaux reconnus par la Cour suprême. Il a donc fait valoir que forcer des chauffeurs à travailler pendant un débrayage brimerait ces droits.

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