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Le Bal de neige meurt à petit feu, selon Rhéal Leroux

Le Bal de neige soulignera ses 40 ans à compter de vendredi, mais pendant que certains se préparent à célébrer ce tournant, d'autres, dont le fondateur de l'événement Rhéal Leroux, soutiennent que cette fête d'hiver prend de plus en plus l'allure de funérailles.

Un texte de Kevin Sweet

Rhéal Leroux ne mâche pas ses mots : le Bal de neige est malade. Tellement malade que l’événement serait même en fin de vie, selon lui.

Pour assurer la survie de l’événement, il faudrait que le gouvernement fédéral retire à Patrimoine canadien la responsabilité d’organiser le festival pour la redonner à la Commission de la capitale nationale (CCN), soutient M. Leroux.

Patrimoine, un « carcan bureaucratique »?

En 2013, le gouvernement conservateur de Stephen Harper a transféré le pouvoir organisationnel du Bal de neige de la CCN à Patrimoine canadien.

C’était dans le but de donner une « perspective large, nationale à ces célébrations », soutenait à l’époque le budget de Jim Flaherty, alors ministre des Finances.

Dès 2012, des thématiques militaires avaient commencé à faire partie de la programmation du Bal de neige, notamment au Domaine des flocons, soulevant la controverse au passage.

L’arrivée des libéraux n’a cependant pas amélioré le sort du Bal de neige, prétend Rhéal Leroux.

Il reproche à Patrimoine canadien de ne pas bien s’en occuper, et il qualifie le ministère de « carcan bureaucratique » manquant de la « souplesse » nécessaire pour gérer un tel événement, le repenser et trouver de nouvelles sources de financement. Il déplore également qu’aucun organisateur en chef au sein de Patrimoine canadien ne soit imputable du festival.

De son côté, Patrimoine canadien se défend en disant que l’équipe de production qui avait la charge du Bal de neige à la CCN s’en occupe aussi à Patrimoine canadien.

Un directeur artistique fait partie de cette équipe et la gestionnaire du festival, Julie Descôteaux, est responsable de l’événement depuis maintenant 15 ans.

Le même budget qu’il y a... 40 ans

Par ailleurs, le budget opérationnel de l’événement, qui tourne entre un et deux millions de dollars, n’aurait pas changé, ou presque, en 40 ans, selon M. Leroux.

« On dit que les budgets ne sont pas là pour le Bal de neige et, deux jours après, on a 5,2 millions de dollars pour une patinoire sur la Colline [...] ouverte pendant 35 jours », déplore Rhéal Leroux.

« Mais la réalité est qu’on a été obligé de réinventer le Bal de neige, de revoir la formule et changer la façon qu’on fait les choses. Des fois, il y en a un peu plus. Des fois, il y en a un peu moins », nuance du même souffle Julie Descôteaux.

Selon elle, la programmation du Bal de neige de cette année et comparable à celle de l’an dernier. L'enveloppe budgétaire, elle, est passée de 1,5 million de dollars en 2016 à des coûts estimés à 2,2 millions de dollars pour ce 40e anniversaire.

Mais M. Leroux persiste et signe.

« Il faut absolument un coup de barre majeur, qui va venir du bureau du premier ministre, qui va enlever la responsabilité à Patrimoine et la remettre à la CCN », affirme Rhéal Leroux.

Selon Patrimoine canadien, il ne s’agit pas là d’une option.

« C’est certain qu’on veut que l’événement connaisse du succès et on va s’assurer que ça se passe pour que Bal de neige dure un autre 40 ou 50 ans », conclut Julie Descôteaux.

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