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Le centre d'injection non autorisé est là pour rester, disent ses responsables

Les responsables du centre non autorisé d'injection supervisée installé dans le parc Raphael-Brunet, à Ottawa, confirment qu'ils n'ont pas l'intention de cesser leurs activités, malgré l'ouverture d'un centre temporaire autorisé par la ministre fédérale de la Santé.

« À la lumière de l'ouverture [mardi] du centre d'injection supervisée de la rue Clarence par Santé publique Ottawa et après avoir longuement examiné ce que nos usagers nous ont dit, il est clair que notre travail n'est pas terminé », peut-on lire dans un message publié sur le site Internet du groupe Prévention Surdose Ottawa.

Les responsables du centre au parc Raphael-Brunet estiment par ailleurs que l'ouverture du centre temporaire légal est un « pas dans la bonne direction ». « C'est bienvenu », a confié à CBC/Radio-Canada l'infirmière et bénévole Marilou Gagnon, qui fait partie des instigateurs du centre non autorisé.

Le centre temporaire d'injection supervisée de la rue Clarence, dans le secteur du marché By, vise à répondre à la demande en attendant l'ouverture d'un centre permanent au sein des locaux du Centre de santé communautaire de la Côte-de-Sable.

Deux centres complémentaires

Dans leur message publié sur Internet, les responsables du projet au parc Raphael-Brunet se disent par ailleurs « impatients » de poursuivre leur collaboration avec Santé publique Ottawa pour aborder les problèmes d'inaccessibilité.

« Nous espérons que les leçons que nous avons apprises lors de l'exploitation du seul centre de prévention des surdoses d'Ottawa, ainsi que nos décennies d'expériences de première ligne, seront appliquées dans leur pratique », poursuivent-ils.

Mme Gagnon, qui est également professeure en sciences infirmières à l'Université d'Ottawa, estime que le centre non officiel géré par son groupe offre des services complémentaires à ceux du futur centre temporaire, qui sera situé à quelques coins de rues.

« C'est un service sans aucune barrière, sans aucune règle. Les gens peuvent consommer de la même façon qu'ils consomment normalement sur la rue ou dans les toilettes », a-t-elle expliqué. « Si on regarde dans n'importe quelle ville au Canada, il y a une coexistence des centres de surdoses et des sites d'injection supervisée. »

Un total de 1020 visites

Le centre non autorisé d'injection supervisée est installé au 307, rue Saint-Patrick, depuis le 25 août dernier. Il accueille des usagers tous les jours de 6 h à 21 h. À ce jour, les responsables du centre ont recensé un total de 1020 visites.

Les usagers sont accueillis dans trois tentes. Il y a d'abord une tente d'accueil, puis une tente où trois personnes peuvent s'injecter des drogues avec du matériel stérile, sous la supervision d'une équipe de trois bénévoles. De la naloxone, l'antidote aux surdoses de fentanyl, est disponible. Finalement, une troisième tente permet aux usagers de se reposer après avoir consommé de la drogue.

Avec les informations du journaliste Matthew Kupfer de CBC

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