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Le chanteur Paul Demers mène son ultime combat la tête haute

L'auteur de la chanson Notre place, Paul Demers, souffre d'un troisième cancer. Mais cette fois-ci, la maladie est incurable. 

Un texte de Michel Laforge

En janvier 2016, les médecins de Paul Demers lui ont diagnostiqué un mésothéliome, un cancer rare du poumon, et ont alors évalué son espérance de vie à environ un an. Mais dans l'adversité, le chanteur demeure résilient et compte profiter de la vie le plus longtemps possible.

À la maison

C'est à Orléans, dans son salon transformé en chambre à coucher, que l'équipe de l'émission Grands Lacs café s'est rendue pour discuter quelques heures cette semaine avec l'auteur-compositeur-interprète. Sa chanson Notre place est considérée par plusieurs comme ce qui se rapproche le plus d'un « hymne national » franco-ontarien.

Paul Demers insiste pour faire l'entrevue sans l'aide de son masque à oxygène : « Ça fait trop de bruit », affirme-t-il à son épouse Sylvie Chalifoux, réticente à l'idée d'éteindre l'appareil. C'est que son mari en a habituellement besoin pour maintenir le taux d'oxygène dans son sang. Pourtant, Paul Demers ne manquera pas de souffle durant les deux heures que durera la rencontre.

L'auteur-compositeur-interprète révèle que le cancer dont il souffre est normalement associé à l'exposition à l'amiante, ce qui étonne ses médecins puisqu'il n'y a jamais été exposé.

Paul Demers croit que sa condition est peut-être liée aux traitements qu'il a subis au cours des 30 dernières années pour combattre la maladie de Hodgkin. D'ailleurs, il ne s'étonne pas du diagnostic : lors de ses premiers traitements, il y a 30 ans, il avait été informé que ses chances de développer un cancer plus tard augmentaient de manière significative.

Récemment, Paul Demers a repris des forces grâce à une prescription de stéroïdes. Il n'est pas confiné à son lit, mais il doit limiter ses déplacements.

L'importance de la musique et des amis

La musique occupe toujours autant de place dans la vie de Paul Demers. Ses amis musiciens continuent à lui rendre visite. « Il faut quasiment en refuser, j'en ai plus [de visite...] que quand je jouais [de la musique] », dit-il en riant.

Ce grand cinéphile se réjouit de pouvoir écouter des films de son importante collection, notamment Eight days a week, un documentaire sur Les Beatles, un de ses groupes préférés, qu'il a visionné en compagnie de l'équipe de Grands Lacs café après l'entrevue.

Dans un autre coin de sa chambre, on a installé son petit studio d'enregistrement maison. Il affirme vouloir enregistrer une autre chanson et il songe à s'acheter une guitare électrique. La thématique de cette chanson? Faire face à la mort.

Aux prises avec une maladie incurable, Paul Demers demeure positif : « Moi, j'ai comme l'impression que quand on passe dans l'au-delà ou dans une transition vers l'au-delà, on voit tout ce qu'on veut voir. La psyché est encore là et elle s'accroche à ce qu'elle connaît. »

Comment se prépare-t-on à laisser ceux qu'on aime derrière nous? « On leur dit [qu'on les aime...] », dit simplement Paul Demers.

Un extrait de l'entrevue sera diffusé ce matin à Grands Lacs café. L'entrevue complète sera diffusée plus tard cet automne.

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