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Le chauffeur de votre autobus n’est pas une machine

Dans le cadre de la série de reportages « Dans la peau de... », présentée au Téléjournal Ottawa-Gatineau, notre équipe a suivi Étienne Montreuil, chauffeur de la Société de transport de l'Outaouais (STO).

Un texte de Karine Lacoste

Étienne est passionné par son travail. « J’aime mon emploi, je n’ai pas l’impression de travailler », affirme le chauffeur qui est à l'emploi de la STO depuis 2016.

« Ce que j’aime, c'est parler avec le monde », dit-il. Il avoue toutefois qu’à peine un passager sur huit lui retourne les salutations. « J’ai l’impression d’être une machine », avoue-t-il.

La carrière du jeune homme a commencé alors que les chauffeurs de la STO étaient sans contrat de travail. Il était encore en probation au moment des moyens de pression, ce qui fait qu'il n’a pas porté le fameux chandail jaune fluo. « Je n’ai pas vécu ce qu’il y avait avant, je vis juste ce qu’il y a aujourd’hui et j’adore l’ambiance en ce moment », explique-t-il.

Des autobus en retard?

Le mécontentement des usagers à l’égard des retards et des surcharges des autobus fait régulièrement surface dans les médias. Étienne affirme que les chauffeurs ont très peu de contrôle sur ces enjeux.

Son truc pour désamorcer les frustrations des passagers? Leur expliquer la situation. « Vous êtes là, vous attendez à l’arrêt, vous ne pouvez pas savoir ce qui est arrivé un kilomètre plus loin : s’il y a un accident, un bris d’aqueduc, s’il y a du trafic, peu importe. Juste en expliquant, souvent, le passager va comprendre. »

Pour que l'autobus soit considéré à l’heure, l’horaire doit être respecté avec une marge de retard de zéro à cinq minutes. Il ne doit pas non plus être trop tôt. « Plein de choses peuvent causer des retards, mais je n’ai aucune bonne raison d’être en avance », explique-t-il.

Au moment du tournage, l'équipe du Téléjournal Ottawa-Gatineau est montée à bord d’un autobus articulé qui circulait sur la ligne 400, qui emprunte le Rapibus de la station Labrosse, à l’est de Gatineau, jusqu’au centre-ville d’Ottawa. Ce jour-là, sans raison particulière, l'autobus est arrivé à destination avec huit minutes de retard. Toutes sortes de facteurs, comme la météo ou les feux de circulation, ont un impact sur l'horaire.

À la fin d’un trajet, les chauffeurs disposent d’un « temps de battement », soit un temps alloué pour le déplacement entre deux lignes.

« Des fois, on a besoin de se déplacer dans la ligne, d’autres fois, on fait juste un petit tour sur nous-même et on repart dans le sens inverse », raconte le chauffeur.

Les chauffeurs qui travaillent de jour, comme Étienne, ont un horaire de huit heures qui couvre des amplitudes de douze heures, ce qui signifie qu’il conduit l’autobus quatre heures le matin, qu’il a ensuite une pause de quatre heures l’après-midi et qu’il est de retour derrière le volant pour quatre heures en fin de journée. Ce type d’horaire permet à la STO de déployer un maximum d’autobus sur le réseau en heure de pointe.

« J’adore cela. Mon 4 h est libre, on peut faire ce qu’on veut, si vous voulez aller faire du canot, du ski, aller taper des balles de golf, tout se fait en 4 h. »

Quelles sont les qualités requises pour être un bon chauffeur? « Être ponctuel, ce serait une excellente réponse! », lance Étienne Montreuil en riant. « Être calme, avoir de l’entregent, être professionnel et ouvert d’esprit », poursuit-il.

Étienne encourage les Gatinois à utiliser les services de la STO.

« Plus il y a de monde dans mon autobus, plus je suis heureux, plus j’ai l’impression de faire mon travail », conclut-il.

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