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Le CISSS de l'Outaouais et des associations s'attellent à recenser les itinérants

Combien y a-t-il d'itinérants en Outaouais? Alors que le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais et certaines associations du milieu lancent leur recensement, mardi, le Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais (CRIO) s'interroge sur la méthodologie utilisée.

Au total, 47 organismes participent à ce recensement, qui devrait se terminer vendredi. Selon un communiqué du CISSS de l'Outaouais, il débutera mardi soir au Gîte Ami.

La Soupe populaire de Hull le fera de son côté à partir de mercredi. L’organisme Itinérance Zéro participera le 25 avril de 18 h 30 à 21 h au Marché Notre-Dame à Gatineau. Les autres organismes feront leur collecte de données de mercredi à vendredi.

Mais la méthodologie utilisée pour le recensement des itinérants ne fait pas l'unanimité parmi les organismes du milieu, notamment auprès du CRIO.

« Le milieu communautaire n'est pas contre l'idée d'avoir un portrait de l'itinérance. La formule du dénombrement, par contre, a certaines limites, on est d'accord qu'on prend une seule photo d'une seule soirée et que cette soirée-là ne va pas représenter la réalité telle qu'on la voit à l'année », argumente la coordonnatrice du CRIO, Janick Allyson.

Selon Mme Allyson, cette façon de procéder mettra de côté toutes les personnes en situation d'itinérance cachée.

« On ignore par exemple des familles, particulièrement la réalité des femmes [...] et aussi le dénombrement a beaucoup de difficultés à aller rejoindre les réalités dans le milieu rural [...] On a des MRC où il y a énormément de pauvreté », ajoute la coordonnatrice.

La réalité régionale n'est pas prise en compte, disent certains

Cette méthodologie élude aussi une spécificité du terrain : le fait que l'Outaouais est une région limitrophe d'Ottawa et de sa région.

« On a plusieurs personnes qui passent des nuits en Outaouais et des nuits à Ottawa, et si ce soir ces gens-là passent la soirée à Ottawa, on va avoir de la difficulté à les recenser », pointe Mme Allyson.

Elle regrette que la mise sur pied de ce recensement n'ait pas été faite en concertation avec l'ensemble des organismes communautaires du milieu, qui de leur côté compilent déjà des statistiques.

« Ils [les organismes communautaires] ont déjà une façon de recenser les gens qui passent. Je pense qu'on aurait pu avoir un portrait un peu plus complet », conclut la coordonnatrice, tout en mettant en garde la population sur la valeur des chiffres qui sortiront de ce recensement.

De son côté, le CISSS rétorque que le recensement n'est qu'un outil parmi d'autres pour comprendre l'itinérance en Outaouais.

« On essaie, par le dénombrement, et par les trois qui vont suivre, de développer davantage une meilleure connaissance de l'itinérance cachée », explique le coordonnateur du dénombrement, Yves Destroismaisons.

C'est le ministère de la Santé et des Services sociaux qui est à l'origine de ce portrait de l'itinérance. Ce projet vise à mieux comprendre le phénomène d'itinérance dans sa globalité de façon à déterminer des priorités comme l'amélioration des conditions de vie des sans-abri, la protection de la population vulnérable et la prévention.

Avec les informations d'Agnès Chapsal

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