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Le CISSS de l'Outaouais et deux médecins poursuivis après la mort « évitable » de Marc Maxwell

La famille de Marc Maxwell, mort le 28 décembre 2015 à l'Hôpital de Gatineau, a intenté une poursuite de 1,8 million de dollars contre le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais et deux de ses médecins spécialistes.

Selon l'avocat de la famille Me Jean-Pierre Ménard, ce sont « le défaut de prise en charge et de suivi » qui sont « essentiellement » reprochés au CISSS de l'Outaouais.

Marc Maxwell « présentait une condition sérieuse et sévère et qui impliquait un suivi bien particulier [...] Dans l'évolution des soins donnés à ce patient-là, on constate qu'à un moment donné on n'a pas donné l'attention qu'il fallait à certains signes », explique l'avocat.

« Les signes vitaux ont commencé à se détériorer et [...] la respiration est devenue profonde, bruyante, la saturation diminuait et il n'y a personne qui a, comme on dit, "allumé". », poursuit-il. « Il y avait possiblement un préposé qui était à côté du patient, mais on ne sait pas trop ce qu'il surveillait parce que ça lui est passé sous le nez ».

Deux médecins, Ron Starra et Mario Dallaire, font aussi l'objet de la poursuite, car selon l'avocat, ils n'ont pas les mêmes assurances que le CISSS de l'Outaouais.

« Les médecins ne sont pas des employés de l'hôpital [...] ils ont leur propre assurance. Alors quand une faute peut être médicale, il faut poursuivre absolument les médecins nommément », précise Me Jean-Pierre Ménard.

L'évaluation de la perte

Le montant de la poursuite s'élève précisément à 1 855 000 dollars.

Cette somme a été déterminée selon un processus rigoureux explique l'avocat.

« C'était un homme [Marc Maxwell] encore assez jeune, qui était actif et qui avait encore son entreprise, alors évidemment la perte salariale est plus importante [...] à partir de ces revenus actuels on fait des projections pour le futur », détaille Me Ménard.

Le rapport de la coroner soulignait des manquements

Fin 2017, la coroner Pascale Boulay avait rendu un rapport soulignant les erreurs et les manquements qui ont conduit à la mort de M. Maxwell.

Elle avait alors souligné « des lacunes sur le plan du partage de l'information ainsi que l'apparence de travail en silo du personnel ». Elle pointait aussi le manque de formation des préposés aux bénéficiaires et de « directives claires ».

Selon le rapport, Marc Maxwell avait été retrouvé « inanimé, le teint marbré et en asystolie [absence d'activation des ventricules cardiaques], malgré une présence du PAB [préposé aux bénéficiaires] ».

Il conclut que M. Maxwell est « décédé d'un arrêt cardiorespiratoire [...] dans le contexte d'une probable aspiration massive de ses sécrétions alors qu'il était contentionné et sous sédation ».

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