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Le CISSS de l'Outaouais n'a jamais consulté le Registre des directives médicales anticipées, selon le ministère

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSS) n'a jamais consulté le Registre des directives médicales anticipées, une base de données où sont compilées les dernières volontés médicales des patients, depuis sa création en 2016. C'est ce qui ressort des données fournies par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) à ce sujet.

Au Québec, une personne peut inscrire ses dernières volontés médicales, aussi appelées directives médicales anticipées, dans un formulaire avant de devenir inapte. On peut, par exemple, demander de ne pas être soumis à divers traitements comme la réanimation cardiorespiratoire, la ventilation assistée, la dialyse, l'alimentation ou l'hydratation forcée.

Le formulaire et les demandes des patients sont ensuite consignés dans le Registre des directives médicales anticipées. Selon les données du MSSS, près de 800 personnes se sont inscrites au Registre en Outaouais.

La professeure titulaire de la Chaire de recherche Antoine-Turmel sur la protection juridique des aînés de l'Université Laval, Christine Morin, s’explique difficilement pourquoi les directives peuvent être si peu consultées.

Soit que le Registre n’est pas encore en fonction chez vous, qu’il n’est pas facilement accessible pour le personnel soignant, soit qu’ils ne connaissent pas leur mot de passe, soit que les gens ne sont pas encore assez conscientisés de l’existence du Registre et de l’obligation qui est faite par la loi pour le personnel soignant de consulter ce registre-là, avance-t-elle.

Dans un courriel, le CISSS de l'Outaouais se défend et précise que les médecins et autres soignants du CISSS de l'Outaouais ont toujours eu à cœur de respecter la volonté de la clientèle, ce qui inclut l'intensité des soins prodigués en fin de vie [...] La question de l'utilisation du Registre fait l'objet de suivis.

Un problème récurrent

Registre ou non, le respect des dernières volontés médicales des patients n'est pas une garantie. C’est ce qu’a appris Gisèle Tassé-Goodman en 2012 lorsqu’elle a perdu son père. Avant qu’il ne devienne inapte, ce dernier a pu signer une directive précisant qu'il ne voulait pas être réanimé en cas de complications.

Le personnel de l’Hôpital de Hull, où est décédé le père de Mme Tassé-Goodman, a pourtant pratiqué des manoeuvres de réanimation pendant une vingtaine de minutes, sans succès.

Mon père avait bien signé [une directive], le médecin lui avait demandé : “S’il y a des complications qu'est-ce qu'on fait?”, se souvient-elle.

Le MSSS a envoyé, mercredi, un rappel à l'ensemble des établissements du réseau au sujet des obligations quant à la consultation du registre, qui découlent de la Loi sur les soins de fin de vie.

Avec les informations de Florence Ngué-No

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