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Le CISSS de l'Outaouais se dote d'un protocole pour diminuer le risque d'incidents en cas de contention

Le Centre intégré de santé et de service sociaux (CISSS) de l'Outaouais souhaite uniformiser ses pratiques lorsque son personnel utilise des mesures de contrôle envers les patients, comme la contention, l'isolement et l'administration de substances chimiques.

Le nouveau protocole vise à diminuer les risques d'incidents, comme le cas de Marc Maxwell, qui est mort à l'Hôpital de Gatineau en 2015, étouffé par ses sécrétions alors qu'il était contentionné et sous sédation.

La coroner avait qualifié son décès d'« évitable » et avait souligné des lacunes dans le partage de l'information entre les membres du personnel.

« C'est sûr que ça va prévenir que des événements malheureux aient lieu. Tout le monde va appliquer les mêmes règles », explique Jean Hébert, président-directeur général du CISSS de l'Outaouais, en marge de la rencontre du conseil d'administration, jeudi soir. « On a fait un gros travail d'harmonisation pour l'ensemble de nos installations. »

Selon lui, le principal atout de ce nouveau protocole sera d'assurer un meilleur suivi et d'éviter que les différents intervenants auprès d'un patient travaillent individuellement.

« Maintenant, on documente, on est capable de suivre les mesures de contention, voir où ça en est rendu », poursuit l'administrateur, qui offre en exemple la contention aux poignets.

Elle sera désormais encadrée avec des durées précises à laquelle le patient devra être détaché pour pouvoir bouger un peu.

Des guides d'application du nouveau protocole seront envoyés d'ici l'automne aux différents établissements compris au sein du CISSS de l'Outaouais, afin d'aider les équipes à mieux comprendre les besoins spécifiques de chaque clientèle.

Un syndicat dénonce deux « codes blancs » en 10 jours

L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) de l'Outaouais a profité de la rencontre de jeudi soir pour dénoncer « la mixité des clientèles imposée par la direction » du CISSS de l'Outaouais.

Selon le syndicat, qui représente 2250 salariés dans la région, ce problème a engendré deux « codes blancs » dans le même CLSC au cours des 10 derniers jours, un terme utilisé pour désigner des manifestations de violence dans les lieux publics.

« On en voit souvent des codes blancs dans les hôpitaux, mais pas au CLSC où tu vas pour ta clinique de vaccination. Maintenant, les clientèles qui s'y côtoient, ce sont celles qui sont là pour la justice et ceux qui y vont sur une base volontaire », déplore Andrée Poirier, répondante politique pour l'APTS Outaouais.

Elle déplore le manque d'harmonisation entre les différentes instances du CISSS de l'Outaouais.

Jean Hébert reconnaît que deux événements se sont produits les 4 et 10 mai. Il ajoute que des protocoles ont été mis en place pour gérer certaines situations, mais que dans les deux incidents « les professionnels n'ont pas respecté les consignes, qui sont mises en place pour leur sécurité. Donc ce n'est pas une question de mixité. »

Il dit avoir l'intention de rencontrer la direction du syndicat pour discuter du dossier.

Avec les informations de Laurie Trudel

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