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Le conflit de travail des chauffeurs de taxi se transporte à l’hôtel de ville d’Ottawa

Un groupe constitué d'une cinquantaine de chauffeurs de taxi en lock-out a fait irruption en milieu de journée à l'hôtel de ville d'Ottawa. Ils ont ensuite quitté les lieux pacifiquement, moins d'une heure après leur arrivée.

Les chauffeurs de taxi de l'aéroport entament leur troisième semaine de protestation, après que leur employeur, Coventry Connections, les ait placés en lock-out.

Au cours des derniers jours, ils ont tour à tour occupé le devant de l'aérogare d'Ottawa, fait des démonstrations autour de l'aéroport, avant de provoquer d'important ralentissement sur la promenade de l'Aviation.

Aujourd'hui, ils ont opté pour une action d'éclat en se rassemblant devant l'hôtel de ville, puis en investissant les lieux aux cris de « nous voulons travailler ».

Les protestataires, qui réclamaient une entrevue avec le maire pour exposer leurs doléances, ont obtenu gain de cause.

Jim Watson s'est engagé à rencontrer les représentants des chauffeurs de taxi de l'aéroport, mercredi prochain en après-midi.

« Nous sommes des chauffeurs de taxi réglementés par la Ville d'Ottawa. Nous demandons une seule chose. Nous voulons la reprise des négociations », explique l'un des chauffeurs, Godha Kashan.

Ses collègues et lui estiment que même si le conflit de travail est entre eux et Coventry Connections, M. Watson peut jouer un rôle et faire preuve d'influence pour encourager la reprise des pourparlers.

Une boîte de pandore, selon le syndicat

Les chauffeurs de taxi de l'aéroport s'opposent à la hausse des droits de ramassage de passagers devant l'aérogare.

La nouvelle redevance a été négociée par Coventry Connections, qui est aussi responsable de la collecter. Elle équivaut à environ 5 $ par trajet, soit quelque 3 $ de plus que par le passé.

Coventry Connections a aussi décrété la fin de l'exclusivité à l'aéroport. Cela signifie que la plupart des chauffeurs de taxi, comme ceux de la compagnie Blue Line, peuvent aller à l'aéroport, tant qu'ils s'acquittent des frais réhaussés.

En contrepartie, les chauffeurs de l'aéroport peuvent prendre des passagers partout en ville.

Selon le représentant des chauffeurs de l'aéroport, réunis au sein de la section locale 1688 du syndicat Unifor, cela équivaut à ouvrir une boîte de pandore.

« Les frais de 5 $ sont quelque chose de nouveau, que l'entreprise introduit dans ce marché. Après ça, cela pourrait être à la gare de trains, à un hôpital où les chauffeurs se stationnent », déplore Abed Madi.

Des craintes infondées, selon Conventry Connections

Le vice-président de Coventry Connections rétorque que les craintes du syndicat n'ont aucun fondement.

Marc-André Way, qui est aussi le président de l'Association canadienne du taxi, affirme que l'aéroport est un cas particulier et qu'il n'est pas question de demander une redevance pour prendre des passagers dans d'autres lieux publics.

Il soutient par ailleurs que son entreprise est prête à négocier avec les chauffeurs de taxi de l'aéroport.

Ces derniers n'excluent pas d'autres manifestations, d'ici leur rencontre avec le maire, demain.

Ils continueront à manifester aux abords de l'aéroport, tout en respectant l'injonction de la cour obtenue par les autorités aéroportuaires.

Ils pourraient également se poster devant les bureaux de Coventry Connections, mais ils excluent toute nouvelle action d'éclat à l'hôtel de ville.

D'après des informations de Jean-Sébastien Marier

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