Des manifestants ont dérangé le défilé de la fierté pendant une vingtaine de minutes, dimanche après-midi au centre-ville d'Ottawa.

Un texte de Roxane Léouzon

Les perturbations sont survenues vers 14 h 15 à l’intersection des rues Bank et Gladstone. Le défilé a été coupé en deux.

Les protestataires scandaient entre autres « Black Lives Matter ». Certains brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Justice for Abdirahman », en référence au Canadien d’origine somalienne Abdirahman Abdi, décédé à la suite d'une opération policière en juillet 2016.

Le groupe était notamment formé de personnes trans et de personnes issues de minorités ethniques. Ces gens revendiquaient d'être mieux inclus dans l'événement Fierté dans la capitale et dans la société canadienne en général.

« Nous avons fait cela parce que les personnes queer et trans dans cette ville sont consternées. Nous n'avons pas de ressources, nous nous faisons constamment dire que nos identités sont fausses », a clamé Keya Prempeh, une militante transgenre noire.

Ils ont rendu publique une liste de demandes, notamment l'intégration de personnes noires, autochtones et trans au sein du conseil d'administration et du comité exécutif de Fierté dans la capitale.

Les policiers ont incité les manifestants à quitter les lieux. Après des négociations, le défilé a finalement pu repartir, sans incident.

L'activiste Leila Moumouni-Tchouassi a indiqué que son groupe planifiait une réunion avec les organisateurs de Fierté dans la capitale pour discuter de leurs demandes.

« La première fois que Pride a été offert, c'était par des personnes trans de couleur, et de plus en plus, à travers le temps, on est effacé des conversations, de l’événement », a-t-elle déploré, estimant par ailleurs que les policiers ont été violents envers eux, les poussant avec leurs bicyclettes.

Réactions partagées

Plusieurs festivaliers étaient mécontents de la perturbation et ils ont crié aux manifestants de partir.

D'autres ont signifié de la sympathie par rapport à leur cause. C'est notamment le cas de Candy Palmater, coprésidente d’honneur du Défilé de la Fierté 2017 et militante autochtone LGBT.

« Certaines personnes disent qu'ils n'auraient pas dû interrompre la parade, d'autres disent qu'ils ont bien fait. Je ne connais pas la bonne réponse, mais je sais que si, comme pays, on répondait mieux aux besoins de toutes les populations marginalisées, cette question ne se poserait pas », a souligné Mme Palmater.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, a indiqué qu'il trouvait dommage que ce groupe ait choisi ce moyen pour faire des revendications.

« Ce défilé est important pour toute la communauté pour célébrer l'égalité dans notre ville et dans notre pays. Ils ont le droit de protester, mais je pense qu'il y a des façons plus efficaces pour des demandes comme ça », a jugé M. Watson.

Pour sa part, le député libéral de Gatineau, Steven MacKinnon, a estimé que cette manifestation était loin d'avoir gâché la fête.

« C'est tellement une fête joyeuse, tellement de la belle température. Je ne pense pas que la journée soit assombrie pour autant », a dit le député fédéral.

Avec des informations de Florence Ngué-No

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