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Le dépanneur Sylvestre fête 15 ans de survie, d’entraide et d’accueil

Au-delà des différences culturelles, ethniques et sociales, le dépanneur Sylvestre de Gatineau poursuit une mission d'inclusion sociale qui rayonne dans son quartier, sa région et même dans la province. Grâce à ses bénévoles, le commerce transformé en lieu de rencontre au coeur du secteur de Hull survit de façon autonome depuis maintenant quinze ans.

Un texte de Christelle D’Amours pour Les malins

Le 2 février 2017, le dépanneur Sylvestre situé dans le secteur de Hull à Gatineau fêtait 15 ans d’existence. Il continue à célébrer toute l’année avec une série de spectacles et d’événements qui se tiendront jusqu’en février 2018.

Fruit d’une initiative citoyenne, l’endroit est passé d’un simple commerce à un lieu de rencontre où les gens du quartier, puis de la région, se rassemblaient d’abord autour d’un café. Suivant les besoins qui se manifestaient, on a commencé à y distribuer des vêtements et à servir des repas.

Aujourd’hui, l’organisme est « un lieu de rassemblement où l’on promouvoit la solidarité sociale, le mieux-vivre ensemble et l’inclusion sans condition », explique Fanny Lachambre, une bénévole qui s’implique aussi dans les comités d’administration.

Le dépanneur Sylvestre offre des repas cuisinés en partenariat avec divers organismes, en plus d’organiser des activités et des événements de rassemblement.

En collaboration avec le Pavillon du Parc, son partenaire principal, l’établissement accueille également des gens ayant des déficiences intellectuelles ou physiques qui viennent passer du temps et effectuer des tâches à leur portée.

Briser l’isolement

« Ça me fait sortir de la maison un peu », affirme Jonathan Poulin qui fait du bénévolat grâce à la collaboration avec le Pavillon du Parc.

L’idée de joindre accueil et intégration dans un programme d’implication citoyenne plaît beaucoup à Cyprien Pomart, le coordonnateur des bénévoles. « Ce que je trouve magnifique ici, c’est l’alliance entre le Pavillon du Parc et le dépanneur. C’est le fait que l’on permette à ces personnes de se mélanger à tout le monde », dit-il.

D’origine française, M. Pomart complète un stage de coopération au dépanneur Sylvestre grâce à l’Office franco-québécois pour la jeunesse, un organisme qui facilite les échanges entre le Québec et la France. « Moi, je n’ai encore jamais vu ça en France », révèle celui qui compte bien rapporter quelques idées lorsqu’il retournera chez lui. « C’est tellement bon de savoir vivre ensemble avec toutes ces personnes. »

« On s’enrichit les uns les autres », ajoute Fanny Lachambre.

Porté à bout de bras

Selon Mme Lachambre, c’est justement cette solidarité entre les bénévoles et les gens qui fréquentent le dépanneur qui en fait sa force.

Rappelons que l’organisation oeuvre sans aucune subvention gouvernementale. Il réussit à demeurer en activités grâce à l’implication des gens et des partenariats avec d’autres organismes.

« C’est justement parce qu’on y croit »,assure Fanny Lachambre. « Peut-être qu’il y a une dose de miracle quelque part qui fait en sorte qu’on a toujours pu se relever. Prenons-le, merci beaucoup! Mais le miracle c’est d’abord dans la volonté de chacun. »

Malgré les soubresauts et les épreuves qui ont pu ébranler le dépanneur Sylvestre, les gens du quartier peuvent toujours compter sur l’endroit pour faire des rencontres et échanger.

Mme Lachambre souligne les efforts continus de ceux qui mettent la main à la pâte pour assurer la gestion de l’endroit. « C’est beaucoup d’organisation et, je le répète, c’est toujours une question de dévouement et de volonté citoyenne [visant à] travailler ensemble à un mieux-être », dit-elle en ne cachant point son attachement au dépanneur Sylvestre.

« Ce qu’on dépanne le plus, c’est l’âme humaine, le cœur humain », glisse notre interlocutrice.

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