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Le fabuleux voyage sur deux roues de Jonathan Roy

« Je suis arrivé à la barre de 10 000 km depuis mon départ de l'Angleterre », indique d'entrée de jeu le globe-trotter durant un appel vidéo sur Facebook, fait à partir de Bichkek, au Kirghizistan, un pays d'Asie centrale.

Un texte de Denis Babin

Ce voyageur, c'est Jonathan Roy, l'ancien directeur des ressources humaines des Comtés unis de Prescott et Russell, qui a quitté son emploi il y a bientôt sept mois pour parcourir l'Europe et l'Asie en vélo.

À l'heure actuelle, le cycliste profite d'une longue pause bien méritée dans la capitale kirghize en attendant de s'attaquer à la deuxième partie de son voyage, soit les pays du Sud-Est asiatique.

« Ça a passé tellement rapidement », lance-t-il. « Tu sais au début, le voyage, je voulais me rendre au Vietnam. Puis là, je peux presque y toucher déjà. »

Quel bilan dresse-t-il de son aventure jusqu'à présent?

Tant sur le plan physique que moral, les deux derniers mois ont été plutôt exigeants.

« L'Ouzbékistan, c'était un désert complet », confie M. Roy. « Des centaines de kilomètres entre les villages. Du gros vent qui arrivait des montagnes. Les yeux qui sèchent, le nez qui sèche. »

Les plaines ouzbèkes ont ensuite fait place au massif du Pamir et sa légendaire route M41, qui traverse le Tadjikistan et le Kirghizistan.

« C'est surtout mental. « C'est de se dire : "On continue! On continue! J'ai chaud! J'ai chaud!" Et deux semaines après, tu montes dans les montagnes : "J'ai ultra froid! J'ai ultra froid!" Mais ça fait partie de l'aventure », raconte le voyageur, sourire en coin.

En cours de route, le cycliste est tombé sous le charme de destinations reconnues, comme l'Autriche, mais aussi de pays comme l'Azerbaïdjan, pour qui le globe-trotter n'avait pourtant aucune attente particulière.

La Slovénie fait aussi partie des « surprises ».

« La Slovénie, c'est tout petit, mais ils ont tout : la forêt, les montagnes », explique le cycliste, à propos du pays devenu indépendant en 1991 à la suite de l'éclatement de l'ancienne Yougoslavie. « Ils font partie de l'Europe, mais ils ne sont pas si connus que ça. »

Côté paysages, les montagnes du Tadjikistan et du Kirghizistan ne donnent pas leur place.

Et la nuit, au beau milieu de cette région isolée, loin de toute pollution lumineuse, la Voie lactée est en mesure d'offrir tout un spectacle.

À partir du Caucase, le russe prend le relais de l'anglais à titre de langue commune.

L'apprentissage de quelques mots dans la langue de Tolstoï s'est justement avéré une décision judicieuse, qui a facilité le passage du cycliste à certaines frontières et permis de briser la glace avec de purs inconnus croisés sur son chemin.

« On ne se connaît pas. Nous ne sommes pas capables de communiquer plus que ça », dit-il. « Mais que je demande ou pas, les gens me remercient de m'arrêter devant chez eux. En fait, la moitié du temps, ils m'invitent à l'intérieur. "Veux-tu du thé? Viens-tu coucher à l'intérieur?" . »

Jonathan Roy doit bientôt s'envoler en direction du Myanmar, l'ancienne Birmanie, pour continuer son voyage.

En Asie du Sud-Est, il prévoit, dans un premier temps, parcourir environ 8000 km, de la Thaïlande à l'Indonésie, en passant par le Laos, le Vietnam, la Malaisie et Singapour.

Bref, les plans du cycliste, qui prévoyait au départ être parti pour seulement une année, ont changé.

La date de retour a été repoussée à une date indéterminée.

Le jeune trentenaire a décidément pris goût à cette vie de nomade sur deux roues.

« Moi, j'ai du plaisir. C'est un défi quotidien, mais qui m'apporte extrêmement beaucoup. Je rencontre des gens absolument merveilleux sur la route. Je me dis que j'aurai tout le reste de ma vie pour revenir à la maison », conclut-il.

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