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Le « faux » sergent condamné à 50 heures de travaux communautaires

L'homme de Cantley qui avait faussement prétendu être un sergent des Forces canadiennes lors des cérémonies du jour du Souvenir, à Ottawa, en novembre dernier, s'en tire avec une condamnation avec sursis. Il écope d'un an de probation et devra effectuer 50 heures de travaux communautaires.

Franck Gervais a essuyé quelques larmes en présentant des excuses aux anciens combattants lors de sa comparution, mardi matin. Il a ajouté qu'il regretterait ce geste toute sa vie et qu'il comprenait maintenant que sa conduite ait pu offenser certains militaires.

En sortant du tribunal, l'avocat de l'accusé s'est exprimé à la place de son client, qui ne souhaitait pas répondre aux questions des médias.

Me Claude Lévesque a réitéré que son client avait des regrets, même s'il n'avait pas de mauvaises intentions.

« Il n'y avait pas aucune malice. C'était en fait sa manière à lui d'honorer les vétérans et les Forces armées canadiennes. Il s'en excuse », a expliqué l'avocat.

Franck Gervais ne sait toujours pas où il fera ses 50 heures de travaux communautaires, mais ceux-ci seront choisis en collaboration avec les Forces armées canadiennes.

Il a déjà pris part à un programme de justice réparatrice au cours duquel il a accompagné des vétérans lors d'une visite au cimetière militaire Beechwood d'Ottawa.

Un cas unique, selon la juge

Un groupe de trois vétérans a témoigné avant le prononcé de la peine, au palais de justice d'Ottawa, pour expliquer comment le geste du « faux » soldat avait été perçu.

« Ça veut dire quelque chose les sacrifices qu'on fait. Les médailles sont gagnées souvent très chèrement. Il y a des implications physiques, psychologiques, familiales », explique Manuel Thibault, l'un des trois anciens militaires.

La juge Ann Alder a expliqué que ce cas était unique et sans précédent, alors que le pays était en état de choc à la suite de la mort du caporal Nathan Cirillo.

Frank Gervais avait plaidé coupable en mars à deux des quatre chefs d'accusation. Il avait admis avoir porté un uniforme et des décorations militaires de façon illégitime.

Dans une déclaration commune, la poursuite et la défense soulignaient que Gervais avait menti à plusieurs reprises et qu'il avait raconté des mensonges sur son prétendu service militaire.

Les accusations d'avoir faussement prétendu être un agent de la paix avaient alors été abandonnées. Ces accusations auraient pu lui valoir une peine d'emprisonnement maximale de cinq ans.

D'après des informations de Nathalie Tremblay et Mathieu Gohier

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