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Le fédéral veut faciliter l'implantation de centres d'injection supervisée

La ministre de la Santé, Jane Philpott, et le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, ont présenté, lundi, une série de changements législatifs pour faciliter le processus d'ouverture de nouveaux sites d'injection supervisée.

La ministre de la Santé a présenté le projet de loi C-37 qui s'inscrit dans le cadre d'une nouvelle Stratégie canadienne sur les drogues et autres substances.

« C'est une question complexe, multidimensionnelle. Alors que nous faisons cette annonce cet après-midi, je pense à certaines familles, à des mères en particulier, à qui j'ai parlé et qui m'ont raconté l'histoire de leurs fils et de leurs filles qui ont perdu la vie à cause d'une surdose d'opioïdes », a déclaré la ministre Philpott.

Cette nouvelle législation permettra de traiter le problème de la consommation de drogues comme un problème de santé publique. C'est le ministère de la Santé qui sera en charge du dossier plutôt que le ministère de la Justice.

Jane Philpott, ministre fédérale de la Santé

Lorsqu'il sera adopté, le projet de loi C-37 facilitera l'implantation de sites d'injection supervisés. Au lieu de se plier aux 26 conditions obligatoires qui prévalaient par le passé, les villes auront à remplir cinq grands critères.

Avec C-37, il faudra établir que l'établissement d'un site d'injection supervisée est d'intérêt public, que la communauté a été consultée, que l'impact sur la criminalité sera limité et qu'il y aura des resources suffisantes pour gérer un tel site.

Des changements à la Loi sur les douanes

La Loi sur les douanes pourrait aussi être modifiée pour permettre aux douaniers d'ouvrir les colis de 30 grammes et moins qu'ils jugent suspects afin de les inspecter dans le cadre de la lutte au trafic d'opioïdes.

Jusqu'à présent, l'Agence des services frontaliers du Canada devait obtenir l'accord de l'expéditeur ou du destinataire du colis avant de l'ouvrir.

C-37 interdirait par ailleurs l'importation de presses à comprimés et d'instruments d'encapsulation qui peuvent être utilisés dans la production de stupéfiants s'ils ne sont pas enregistrés.

Une annonce qui fait réagir

Le chef de police d'Ottawa, Charles Bordeleau, a toujours laissé entendre que l'ouverture d'un site d'injection supervisée, comme Insite à Vancouver, n'est pas une idée qu'il préconise. Le chef Bordeleau craint que l'implantation d'un tel centre fasse augmenter la criminalité dans le quartier qui l'accueille.

« Il s'agit avant tout d'une question de santé », a-t-il expliqué par courriel lundi après-midi. « Toute décision concernant l'implantation d'un centre d'injection supervisé doit faire l'objet d'une consultation publique approfondie. »

Le chef Bordeleau a ajouté que le service de police avait reçu une proposition pour un site d'injection supervisé à Ottawa. La proposition est pour l'instant à l'étude pour déterminer l'impact que pourrait avoir un tel site en termes de criminalité.

Interrogée sur la pertinence des centres d'injection supervisée, peu de temps avant l'annonce de la ministre Philpott, la députée fédérale d'Ottawa-Centre, Catherine McKenna, s'est dite, pour sa part, bien consciente des l'enjeux dans ce dossier.

« Le gouvernement fédéral sait qu'on doit faire quelque chose pour aider ceux qui ont une dépendance », a affirmé la députée McKenna. « Les centres d'injection supervisée sont une solution. On va travailler avec chaque municipalité. »

La députée d'Ottawa-Vanier, Nathalie Desrosiers, est tout aussi favorable au projet.

« Il y a beaucoup d'engagement communautaire qui doit être fait là-dessus », a expliqué la députée Desrosiers. « Ces sites semblent sauver des vies donc, c'est peut-être une responsabilité de la communauté d'évaluer si elle ne peut pas contribuer dans ce contexte-là. Mais il ne faut pas déplacer un problème social en en créant d'autres, alors c'est très important de créer des sites où toutes les meilleures pratiques sont observées. »

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, tout comme le médecin-chef en santé publique, Isra Lévy, n'étaient pas disponibles lundi soir pour commenter l'annonce du gouvernement Trudeau.

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