De passage au Salon du livre de l'Outaouais, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin a défendu sa politique de culture et de développement urbain, en entrevue à l'émission Les malins.

Un texte d'Agnès Chapsal pour l'émission Les malins

Pouvez-vous nous expliquer à quoi ressemble votre économie mauve?

Bien concrètement, c'est l'utilisation de la culture pour faire du développement urbain. Il y a des villes comme Bilbao [en Espagne] avec son musée qui se sont transformées profondément grâce à ça. Québec l'a fait avec le quartier Saint-Roch. Et c'est vraiment l'utilisation de la culture, des artistes, de l'identité, de la mise en valeur du patrimoine pour transformer notamment des quartiers dévitalisés.

Est-ce qu'on va reproduire le modèle du quartier Saint-Roch du maire L'Allier à Hull et à Gatineau?

Je ne crois pas qu'on puisse reproduire des modèles comme ça à l'identique. Il y avait des problèmes sociaux extrêmement importants là-bas, ce n'était pas la même histoire. [...] Un des principes les plus importants : respecter les gens et respecter l'histoire. Saint-Roch s'est fait avec beaucoup de participation citoyenne. À un moment donné, il y avait des projets qui s'affrontaient aussi. Il y a une aile droite qui disait : « Il faut absolument amener des commerces », il y a une aile gauche qui disait « Oui, mais qu'est-ce qu'on fait pour la pauvreté? » Ils ont amené des institutions publiques, ils ont créé des centres communautaires pour que l'espèce d'appartenance des gens puisse s'exprimer ailleurs.

Êtes-vous allés voir les artistes de Gatineau pour leur demander s'ils vont investir les lieux de création qu'on espère voir naître?

Oui! Ils ont été interpellés et je suis supposé de vous parler du livre d'Yvon Leclerc, L'action culturelle et le développement territorial. Le quartier Saint-Roch à Québec et autres cas de réussite. M. Leclerc a fait une grande démarche avec la Ville de Gatineau et auprès des artistes.

On a changé notre réglementation pour faciliter l'installation d'ateliers d'artistes. On a accompagné une coop d'artistes qui va s'installer sur la rue Morin et Montcalm. Donc, il y a un mouvement qui est en branle. Mais Saint-Roch, ça a pris 20 ans.

On n'a pas le goût d'attendre 20 ans parce qu'ici on a une situation particulière : on a quatre centres-ville. Qu'est-ce qu'on fait pour créer un sentiment d'appartenance quand on n'a pas les mêmes réalités?

Il fait investir. La rue principale d'Aylmer est extraordinaire. C'est un des grands succès de Gatineau et ça n'enlève rien au centre-ville de Hull. On a une mobilisation. On a investi 8 millions de dollars sur Laval Aubry. Laval-Aubry-Portage va être plus beau que jamais. On a le sentier culturel qui a eu un succès assez extraordinaire l'année dernière. On a Diamond. On a plusieurs installations qui sont là et qui n'étaient pas là dans le passé. Il reste du travail à faire, mais on en a fait beaucoup.

Il y a de l'ouvrage encore?

Quand on parle de culture, pour bien des gens c'est quelque chose de superflu [...] Il y a des gens aujourd'hui contre les bibliothèques, moi ça me fait halluciner. [...] Quand on va avoir fait la bibliothèque du Plateau pour laquelle on a mis une vingtaine de millions. On va couper le ruban l'année prochaine. Moi, je pense que ça va être notre plus bel outil de travail comme politicien. Tous ceux qui ne croient pas dans la culture, on va les amener faire un tour à la bibliothèque qui va faire comme les nouvelles bibliothèques qui ont été construites à Montréal. Celle de Rosemont Petite-Patrie, elle était pleine au moment de l'inauguration, et elle est toujours pleine depuis, je pense que ça fait 7 ans. Et ça, ça amène des cafés, des petits commerces, et au Plateau, c'est ça qu'on veut.

Le livre de M. Leclerc va-t-il vous servir comme mode d'emploi?

Ce sont des études de cas. En même temps, c'est écrit de façon très accessible. C'est l'histoire de Saint-Roch, l'histoire de la mobilisation citoyenne, des problèmes qui devaient être réglés. [...] C'est un exemple à suivre et ce n'est pas du pelletage de nuage, c'est aussi un outil d'action.

Si on avait à donner le titre dans votre biographie au prochain chapitre concernant l'aréna Guertin, comment s'appellerait-il?

Fin

Et les tours Brigil?

Jamais. Pas à cet endroit-là.

Et les sinistrés des inondations?

Ce serait un long titre. Il ne faut pas revivre ce qu'on a vécu. On va revivre des drames écologiques, mais il ne faut pas remettre les citoyens dans la situation dans laquelle ils ont été mis par les programmes que le gouvernement du Québec veut changer. Il doit les changer et il doit le faire avant la prochaine saison d'inondations.

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