« Les jeunes ne se marient plus. » Voilà une phrase qu'on entend bien souvent. Mais qu'en est-il vraiment? La tradition millénaire qu'est le mariage est-elle condamnée à disparaître? Rencontre avec de futures mariées qui prouvent le contraire.

Un texte de Yasmine Mehdi

Ce dimanche matin, Hendrina Hunink s’est rendue à un salon de mariage d’Ottawa avec deux de ses amies les plus proches.

L’étudiante ne s’attendait pas à trouver la robe de ses rêves dès son premier essayage, mais debout devant un long miroir, visiblement émue, elle laisse échapper quelques larmes.

« C’est la deuxième robe que j’essaie, mais je l’adore », s’exclame Hendrina.

À 20 ans, la jeune femme rêve depuis longtemps à son mariage.

« Quand j’ai rencontré mon fiancé, j’ai su que je voulais passer le reste de ma vie avec lui, donc c’était logique », a expliqué Hendrina, qui épousera en octobre son premier copain.

Au milieu des robes, des fleurs et des gâteaux qui remplissaient le centre Shaw ce week-end, des centaines de jeunes femmes sont venues planifier ce qu’elles espèrent être le plus beau jour de leur vie.

« Nos chiffres sont stables cette année, même que le nombre de commerçants est en expansion », indique la présidente du Wedding Palace Bridal Show, Amanda Andrews.

Si le nombre de jeunes adultes (de 20 à 24 ans) mariés a légèrement diminué depuis 2013 au Québec (de 1,43%), il a augmenté de 5,6 % en Ontario.

« On voit beaucoup de jeunes qui vont se marier, des filles très jeunes toujours aux études », constate Flavielle Morais, une consultante beauté qui s’est elle-même mariée à 22 ans.

Se marier à l’ère des réseaux sociaux

Pour célébrer en bonne et due forme, de plus en plus de jeunes s’inspirent des réseaux sociaux.

« La vieille génération se mariait dans leur cour arrière, mais nous, avec Instagram et les réseaux sociaux, on voit à quel point les mariages peuvent être extravagants », affirme Randall Davis, qui pense dépenser 20 000 $ pour un mariage dans le Sud.

Pour Hendrina, la pression des réseaux sociaux était telle qu’elle a décidé de délaisser Internet pour planifier son grand jour à l’ancienne, armée d’un calepin et d’un stylo.

La pression du web n’affecte pas seulement les futures mariées. Noor Alkhaladi, vendeuse de robes de mariées, s’affaire à son kiosque, armée de housses blanches, d’épingles et de miroirs.

« Les filles nous montrent des robes qu’elles ont vues sur les réseaux sociaux et qui peuvent coûter jusqu’à 30 000 $, mais elles ont un budget de 500 $. », explique-t-elle entre deux clientes.

Heureusement, la pression des réseaux sociaux n’est pas la même avec les clientes plus âgées. La plus vieille cliente de Noor? Une Ottavienne âgée de 75 ans.

« Des gens de tous les âges veulent encore se marier », conclut-elle en souriant.

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