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Le MIFO veut un nouvel édifice, mais pas à n'importe quel prix

Les dirigeants du Mouvement d'implication francophone d'Orléans (MIFO) entreprennent le plus gros projet de l'histoire de l'organisme : la construction d'un nouvel édifice qui coûterait 14 millions de dollars, avec une première pelletée de terre prévue en 2019. S'ils n'ont pas les fonds nécessaires d'ici là, le projet sera revu, car les dirigeants veulent éviter à tout prix de commettre les mêmes erreurs que d'autres organismes culturels.

Un texte de Kevin Sweet

La directrice du MIFO ne s'en cache pas, les locaux de son organisme, construits en 1985 au coût de deux millions de dollars, ont mal vieilli.

De nombreux besoins

A l'aube de sa 40e saison, les dirigeants de l’organisme veulent un nouvel édifice, qui sera presque trois fois plus grand que l'immeuble actuel.

Le projet de construction de plus de 14 millions de dollars permettrait à l'organisme de dynamiser l’offre culturelle en français à Orléans, une municipalité où presque 50 % des citoyens se disent soit francophones ou francophiles.

Il suffit de faire une tournée du bâtiment pour constater que les besoins sont réels. Par exemple, les locaux qui servent aux classes de musique, peints en vert fluo, ne sont pas insonorisés.

« Au départ, quelqu'un qui prenait un cours de chant entendait l'autre prendre un cours de piano et c'était vraiment cacophonique » explique Mme Doucet.

La galerie d’art est si petite qu’il est impossible d’y exposer des sculptures et des toiles trop grandes.

Plus loin, dans le corridor labyrinthique, une salle de réunion est aussi utilisée comme salon pour le personnel sur l’heure du midi et sert parfois aussi de salle de classe. La salle est parfois si prisée que les employés doivent louer un local extérieur pour tenir des réunions.

Les 24 employés à temps plein du MIFO se partagent aussi un espace qui est à l’étroit. Même la directrice générale sera appelée à partager son bureau dans quelques mois.

Un premier pas vers le financement

La province de l'Ontario a déjà annoncé un octroi de 4,2 millions de dollars et la Ville d'Ottawa investira plus d'un demi-million de dollars.

Les dirigeants du MIFO se préparent maintenant à demander sept millions de dollars sur trois ans au gouvernement fédéral.

Une demande « réaliste » selon le député de la région, Andrew Leslie, qui a déjà fait valoir le projet à la ministre de Patrimoine canadien, Mélanie Joly, qui a eu l’occasion de visiter les lieux, l’an dernier.

Éviter les erreurs du passé

Contrairement à d'autres organismes, pas question de construire sans avoir les fonds nécessaires en place.

La Nouvelle Scène, par exemple, traîne une dette de plus de trois millions de dollars depuis sa réouverture en 2016 en raison d'un projet de construction considéré par certains comme beaucoup trop précipité.

Au MIFO, on veut à tout prix éviter un gouffre financier.

« On a parlé avec des gens qui ont vécu des projets de construction en leur demandant si c'était à refaire, qu'est-ce que vous feriez de différent », explique Mme Doucet, qui se dit prête à revoir son projet et « faire des croix sur certaines choses » advenant une insuffisance de fonds publics.

Le compte à rebours est donc enclenché d'ici la première pelletée de terre prévue au printemps 2019.

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