Retour

Le ministre Barrette discrédite un rapport critique sur le système de santé dans le Pontiac

Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette, refuse de prendre au sérieux un rapport critique sur les effets de la réforme du système de la santé dans le Pontiac. Le document, préparé pour l'organisme Santé Outaouais 2020, a été dévoilé mercredi.

En entrevue à l'émission Les matins d'ici, le ministre a voulu discréditer le document, le qualifiant de partial, écorchant au passage un des co-auteurs, Michel Légère, ex-maire de Hull et ex-président du Bureau de l'ombudsman de la Ville de Gatineau.

Intitulé La réforme Barrette et ses effets dans le Pontiac - un système exemplaire écorché, le rapport de 33 pages repose sur les témoignages de 14 intervenants, usagers ou observateurs du milieu de la santé dans la région, et a été coécrit par trois bénévoles. Il soutient que le Pontiac a souffert de la réforme Barrette, qui a mené à la fusion de services et la création du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais.

Le ministre dit avoir parcouru entièrement le document, qu'il refuse d'ailleurs de qualifier de rapport. Il compte se pencher sur le seul aspect qui, selon lui, pourrait créer une situation « inconfortable pour certains professionnels », soit l'accès plus difficile à un gestionnaire.

« Je n'ai pas de confirmation que tout est parfait, mais je n'ai pas de confirmation non plus que ce n'est pas bon », souligne-t-il toutefois.

Un modèle mis à mal

Selon le co-auteur Michel Légère, les résidents du Pontiac bénéficiaient autrefois d'un système de santé flexible et proactif. Il estime que la réforme a mis à mal un modèle qui fonctionnait très bien, soutenant que la centralisation des services a entraîné une perte de proximité des services dans la région.

Il s'interroge notamment sur la pertinence des économies réalisées par le gouvernement avec la fusion. « Si, par exemple, le citoyen ou la citoyenne doit davantage se déplacer, passer des heures à attendre, il y a des coûts qui sont attribués à ça par rapport à chaque individu », souligne l'ex-maire.

Sans exiger un retour complet vers l'ancien système, les auteurs du rapport exposent une dizaine de recommandations afin d'améliorer la situation.

« On pourrait délocaliser certains services vers le Pontiac », a notamment expliqué M. Légère en entrevue à Radio-Canada.

« Il faut trouver les moyens, par rapport aux spécialistes, pour qu'ils soient sur place, et qu'ils soient utilisés », a-t-il ajouté.

Les auteurs du rapport demandent aussi une représentation de la région au sein du conseil d'administration du CISSS de l'Outaouais.

Plus d'articles