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Le ministre Goodale somme la GRC de sévir à la suite d'allégations de harcèlement et d'intimidation

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, n'a pas mâché ses mots dans une entrevue accordée à CBC vendredi, relativement aux allégations d'attouchements sexuels au Collège canadien de police d'Ottawa qui font de la GRC « un embarras », dit M. Goodale.

Selon le ministre, le commissaire de la GRC, Bob Paulson, est parfaitement conscient que ce type de conduite et de comportement est tout simplement inacceptable et que cela doit cesser. Qui plus est, dit Ralph Goodale, « il faut que ce soit puni en bonne et due forme ».

M. Goodale rappelle en outre que son mandat est de « veiller à ce que la GRC et tous les autres organismes de [son] portefeuille soient des lieux de travail exempts de harcèlement sexuel et de violence sexuelle ».

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, le ministre affirme que « tous les membres et employés de la GRC devraient se sentir en sécurité auprès de leurs collègues et de leurs supérieurs, et être respectés par ces derniers ».

Un milieu de travail pour le moins dysfonctionnel

Des situations pour le moins troublantes se seraient déroulées sur les lieux de travail de l'unité de formation aux explosifs du Collège canadien de police à Ottawa. Jeudi, Radio-Canada révélait que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) tentait de contenir les retombées d'une enquête interne sur des allégations d'attouchements sexuels non désirés, de taxage agressif et de nudité fréquente au sein de cette unité.

Quatre hommes qui y travaillaient affirment que ce milieu dysfonctionnel et empoisonné les a rendus malades, leur a causé des crises émotionnelles et a finalement eu raison de leur carrière prématurément.

Ainsi, il est allégué que le sergent-major Bruno Solesme, qui dirigeait l'unité en question, et Marco Calandrini, un civil de la GRC qui avait été auparavant membre d'une force spéciale au sein des Forces canadiennes, auraient eu la particulière habitude de s'étendre nus sur le bureau de l'un et de l'autre, apparemment dans le but de se choquer mutuellement. Ils auraient aussi fait mine de pratiquer des fellations et ce, en plein milieu de travail.

De plus, d'ex-membres de l'unité de formation aux explosifs ont relaté à CBC que M. Calandrini se promenait souvent nu dans les couloirs ou, encore, qu'il déversait sur la table servant aux repas de l'équipe le contenu de son rasoir personnel qui aurait servi à épiler ses parties intimes.

Un ex-employé de l'unité de formation soutient que le sergent-major Solesme l'aurait menacé à quelques reprises de ne pas renouveler son contrat de travail et que M. Calandrini se serait invité, complètement nu, dans un espace de douche destiné à une seule personne alors que l'employé en question s'y trouvait.

La GRC a suspendu Marco Calandrini et Bruno Solesme, qui n'ont pas répondu aux appels répétés de CBC pour commenter la situation. Deux nouvelles enquêtes de la GRC sont en cours.

Les conservateurs déçus

De son côté, le député conservateur et membre du Comité permanent de la sécurité publique et nationale, Alain Rayes, explique être « extrêmement déçu de cette situation ».

Le député croit que la GRC doit faire son travail et il veut que le ministre s'assure que cela soit fait dans les règles de l'art.

Ce à quoi Ralph Goodale se dit déterminé, d'ailleurs : « J'ai fait part très clairement au commissaire Paulson de mon indignation, a-t-il affirmé. Il sait exactement à quoi je m'attends, c'est-à-dire une enquête complètement transparente et détaillée et une punition convenable, compte tenu des comportements en question ».

Le ministre Goodale soutient qu'il veillera personnellement à ce qu'un suivi soit fait. À son avis, le commissaire Paulson comprend tout aussi bien que lui l'« extrême urgence » de cette affaire.

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