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Le mouvement de protestation des chauffeurs de taxi de l'aéroport reçoit des appuis de poids

L'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) presse le maire d'Ottawa, Jim Watson, d'intervenir dans le conflit opposant les chauffeurs de taxi, qui desservaient l'aéroport, à leur employeur Coventry Connections.

Plus tôt aujourd'hui, plus d'une centaine de chauffeurs de taxi ont manifesté devant l'hôtel de ville d'Ottawa. À deux reprises au cours des dernières semaines, ils ont fait irruption dans l'immeuble pour interpeller le maire et les élus municipaux.

Ils ont pu notamment compter sur le soutien de quelques dizaines de membres de l'AFPC et de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario (FEEO), qui sont venus manifester à leur côté.

Le vice-président exécutif régional de l'AFPC, Larry Rousseau, affirme que c'est par solidarité que des membres de son organisation ont décidé de participer à cette manifestation.

« La solidarité syndicale, c'est lorsqu'on voit qu'il peut y avoir des travailleurs et des travailleuses qui subissent une injustice quelque part. On a le droit et le devoir de dénoncer », explique-t-il.

M. Rousseau dénonce spécifiquement le lock-out dont les chauffeurs se disent être les victimes. Il croit que le maire Watson peut jouer un rôle, en dépit de ce que ce dernier a déclaré récemment.

Un bras de fer qui dure

Par ailleurs, le gouvernement de l'Ontario a désigné un médiateur, afin de régler le conflit qui dure depuis six semaines entre les chauffeurs de l'aéroport d'Ottawa et Coventry Connections.

L'employeur a aboli l'exclusivité dont les chauffeurs bénéficiaient à l'aéroport, tout en augmentant les frais qu'ils doivent payer pour transporter des passagers dans leur véhicule.

Coventry Connections admet que les revenus des 150 chauffeurs touchés diminueront de près de 20 %. Mais ses responsables soutiennent que cette mesure n'est pas négociable, puisque tous les chauffeurs de taxi d'Ottawa doivent être traités équitablement.

Le président du syndicat Unifor, qui représente tous les chauffeurs de taxi d'Ottawa, admet que ce différend aurait été réglé depuis longtemps si les chauffeurs de la compagnie Blue Line, qui ont négocié une entente séparée, n'avaient pas commencé à prendre des clients à l'aéroport, malgré l'opposition de leurs collègues.

Une entente pour Capital Taxi

De son côté, le syndicat représentant les chauffeurs de Capital Taxi a conclu, jeudi soir, une nouvelle entente de principe avec Coventry Connections.

D'une durée de trois ans, cet accord prévoit une réduction des frais de répartition de 30 $ par mois.

Coventry Connections soutient que cela donnera un peu de répit aux chauffeurs, qui subissent une concurrence jugée déloyale de la part des conducteurs d'Uber.

Les chauffeurs de Capital Taxi doivent se prononcer sur cette offre cette fin de semaine. Au départ, ils réclamaient une entente d'un an, afin de pouvoir s'adapter rapidement à la réglementation municipale, qui fera l'objet d'une révision prochainement.

Plus de 300 chauffeurs, sans contrat depuis presque un an, ont voté contre les offres précédentes.

S'ils ratifient l'entente de principe, les chauffeurs de l'aéroport d'Ottawa seront les seuls à ne pas avoir conclu une nouvelle convention collective.

Avec les informations du journaliste Louis Blouin

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