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Le patineur Vincent De Haître vise les JO 2020 en cyclisme sur piste

Vincent De Haître ne manque pas d'ambition. À peine revenu de sa deuxième expérience olympique en patinage de vitesse sur longue piste, à Pyeongchang, le voilà qu'il prépare déjà son prochain projet : participer aux Jeux de 2020 à Tokyo en cyclisme sur piste.

Un texte de Justine Roberge

Le patineur de 23 ans n’a peut-être pas connu les Jeux qu’il espérait en Corée, car il s’est blessé au talon avant la compétition. Mais il en garde tout de même de bons souvenirs.

« Ce que je retiens, c’est le soutien de l’équipe canadienne. On a vraiment les meilleures personnes qui travaillent pour les athlètes. Ce sont des gens très positifs. »

De Haître a dû souffrir pendant ses courses en raison de sa blessure. Il s’est classé 19e au 1000 m et 21e au 1500 m.

« C’est quand même une déception. Je m’attendais à avoir de bonnes performances. En général, l’entraînement allait bien. J’avais assez de confiance en arrivant aux Jeux. Mais je suis encore jeune. J’ai 23 ans. Celui qui a gagné a 28 ans. »

Après avoir pris le temps de se reposer et de se soigner, le Franco-Ontarien entamera les démarches pour tenter d’intégrer l’équipe canadienne de cyclisme sur piste, dans le but de se rendre aux Olympiques à Tokyo dans un peu plus de deux ans. Mais pour ça, il est conscient qu’il a encore beaucoup de travail à faire.

« Il faut que je me classe pour l’équipe nationale en premier, après pour les Coupes du monde et finalement pour les Jeux olympiques. »

Cet amour pour le vélo n’est pas nouveau dans sa vie.

S’il a commencé le patinage de vitesse vers l’âge de 6 ans, c’est une dizaine d’années plus tard que De Haître a découvert le cyclisme.

Au départ, ce sport lui permettait d’améliorer son endurance pour ses compétitions sur glace. Mais c’est vite devenu une passion. Il a par la suite participé à plusieurs championnats provinciaux et nationaux en cyclisme sur piste.

« C’est là que j’ai commencé à voir que j’avais des aptitudes en vélo. »

En 2014, il a terminé au 4e rang du sprint par équipe et au 7e rang du 1000 m contre-la-montre aux Jeux du Commonwealth en Écosse.

Aujourd’hui, il est prêt à viser de plus hauts sommets.

« Avec le temps, j’ai pu voir quelles étaient mes possibilités. Mais c’était surtout de gérer le ­­timing, parce que les saisons de compétitions en patinage de vitesse et en cyclisme sont en hiver. Et au Canada, tu ne peux pas faire deux sports sur l’équipe nationale en même temps. »

Il se rassure en se disant que ses acquis en patinage de vitesse lui serviront grandement en cyclisme, puisque l’entraînement est similaire.

« Ce sont des sports qui se ressemblent en termes de temps et d’effort. Je trouve aussi que si tu fais un sport au plus haut niveau, tu vas avoir des connaissances et des habiletés qui sont vraiment transférables d’un sport à l’autre, si le sport est similaire. Je sais bien que je ne serai jamais gymnaste, mais je peux faire du vélo. »

S’il parvient à se rendre aux JO de Tokyo, Vincent De Haître deviendrait le 11e Canadien à avoir participé à la fois à des Jeux olympiques d’été et d’hiver.

Celui qui est devenu vice-champion du monde au 1000 m en longue piste en 2017 prévoit d’ailleurs être de retour dans cette discipline aux JO de Pékin en 2022.

« Je n’ai pas fini avec le patin. Ça fait déjà plusieurs années que je suis un patineur de vitesse et que je n’ai pas vraiment manqué de saisons. Dans un monde idéal, l’objectif c’est d’être aussi bon en vélo que je le suis sur patins. »

De Haître passera les prochains mois à se réhabituer à la piste et à son vélo.

« C’est tout un changement. Mais en même temps, c’est excitant de changer un peu la routine. Mon entraîneur m’a dit : "Tu peux le faire. Ça va te changer les idées et tu vas peut-être revenir plus fort avec une mentalité différente." »

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