Que vous en soyez à réfléchir à votre première œuvre d'art corporelle ou que le titre d'adepte du tatouage vous convienne parfaitement, il y a quelques règles à respecter pour faire un choix éclairé. Une adepte du tatouage et une artiste de l'art épidermique dans la capitale nationale expliquent ce qu'il faut préparer avant de passer sous l'aiguille.

Une collaboration de Jean-François Chevrier et Christelle D’Amours

Se faire graver de l’encre dans la peau de façon permanente ou presque peut avoir une signification pour certains et même représenter une forme de thérapie pour d’autres.

Réfléchir à ses motivations

Christine Jacques arbore 23 tatouages. Elle estime qu’environ 65 % de son corps est couvert d’encre. « Quelque chose arrive dans ma vie et je veux me récompenser ou juste pour que ça me fasse du bien. Laisser aller la rage et évacuer », dit notre interlocutrice pour qui ses tatouages ont tous une signification particulière.

Lili Carrière, propriétaire du salon Tatouage Collectif à Gatineau, explique que ses clients se rendent à son établissement quand ils surmontent des difficultés dans leur vie personnelle, lorsqu’ils veulent se souvenir d’un moment marquant ou souligner la mort d’un proche.

Parfois, ils sont seulement à la recherche d’esthétisme ou encore en quête d’adrénaline. « Il y en a qui aiment ça avoir mal », dit-elle.

Pour l’artiste, le tatouage, « c’est juste la beauté de l’encre dans la peau ». Elle se dit cependant sensible à la démarche personnelle de ses clients et se plaît à découvrir leurs histoires. « La proximité avec les clients fait qu’ils deviennent un livre ouvert », ajoute Lili.

Trouver le bon tatoueur

Peu importe les raisons qui motivent le désir de se faire tatouer, Lili Carrière rappelle l’importance de bien cibler ses désirs avant de prendre un rendez-vous avec un artiste.

« Il faut que tu saches ce que tu veux », affirme-t-elle en suggérant aux futurs clients de trouver des exemples de tatouages qu’ils aiment. Il s’agit de la première étape qui mènera à identifier des artistes dont le style correspond au résultat souhaité.

Cette étape est l’une des grandes motivations de Christine Jacques, qui se plaît à « trouver une idée, trouver un artiste qui va pouvoir faire ton idée. C’est de créer ensemble », se réjouit-elle.

La propriétaire du studio Tatouage Collectif insiste cependant sur la nécessité d’avoir l’esprit ouvert. « Il faut que tu sois prêt à écouter et à nous laisser de la liberté artistique », avertit Lili Carrière. « Le client idéal a regardé le portfolio de l’artiste. Il sait ce qu’il veut, mais il est prêt à laisser l’artiste travailler. »

Christine Jacques, cliente initiée, identifie l’entregent, la créativité et l’ouverture comme étant des qualités essentielles chez un bon tatoueur. Elle affirme également qu’ « un bon tatoueur, c’est quelqu’un qui va être capable de dire ''non, ce n’est pas mon genre'' et qui va te référer à quelqu’un d’autre. »

Selon Lili Carrière, il s’agit d’ailleurs d’une pratique courante dans l’industrie. « Il n’y a pas de concurrence, on veut toujours le meilleur pour le client », ajoute-t-elle.

Quelques barèmes d’évaluation

Au Québec, la réglementation de l’industrie du tatouage fait défaut. Selon un rapport du groupe de travail sur la médecine esthétique du Collège des médecins du Québec, « bien qu’il y ait introduction d’un instrument au-delà de la peau, la pratique du tatouage et du détatouage ne fait l’objet d’aucun encadrement : pas de formation minimale, pas de normes d’asepsie et d’hygiène à respecter, pas de règles quant à l’obtention d’un consentement éclairé », apprend-on.

Lili Carrière, dont le studio a pignon sur rue à Gatineau, affirme que son équipe « essaie de suivre le plus près possible les règles de l’Ontario », dit-elle en se référant au Protocole de prévention et de contrôle des infections dans les établissements de services personnels (2016) établi par le ministère de la Santé et Soins de longue durée de l’Ontario. Elle rappelle l’importance de suivre les règles d’hygiène dans la pratique.

Selon notre interlocutrice, ne devient pas tatoueur qui le veut bien. Les artistes professionnels ont d’abord un mentor et ont plusieurs heures de dessin à leur actif pour intégrer les notions de concepts de composition d’une image, la lumière et l’équilibre. « Ça c’est juste le début. […] Après, tu vas apprendre le fonctionnement des machines. Le côté santé, la contamination » glisse-t-elle.

Dans tous les cas, Mme Carrière affirme qu’« un tatoueur professionnel […] achète du bon matériel. C’est cher ». Elle note entre autres que l'utilisation d'une machine performante et d’encre de qualité sont des critères essentiels.

En ce qui concerne les prix, il faut savoir que certains tatoueurs facturent leur travail en fonction du projet et d’autres proposent un tarif horaire.

La propriétaire de Tatouage Collectif prévient le public qu’il doit s’attendre à payer entre 80 $ et 140 $ de l’heure environ, selon l’expérience et la rapidité d’exécution du tatoueur.

« Quand tu te fais tatouer, c’est cher, mais tu paies le matériel du tatoueur, tu paies pour son expérience », dit Lili Carrière qui poursuit sa mission d’information auprès de la clientèle.

« Le tatouage, il est permanent. Il est dans ta peau pour toujours », rappelle-t-elle.

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