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Le premier témoin sur la sellette au procès d'anciens Gee-Gees

Le premier témoin au procès des deux anciens joueurs de hockey des Gee-Gees de l'Université d'Ottawa accusés d'agression sexuelle a communiqué avec la présumée victime à plusieurs reprises après les faits allégués.

Un texte d'Antoine Trépanier

Le témoin, un joueur recru de la mouture 2013-2014 des Gee-Gees de l'Université d'Ottawa et qui partageait une chambre avec Guillaume Donovan lors du voyage de la fin janvier et début février 2014 à Thunder Bay, était de retour en cour, mardi matin, pour répondre aux questions de la Couronne, mais surtout de la défense.

M. Donovan, 27 ans, de Gatineau, et David Foucher, 28 ans, de Waterville en Estrie, doivent répondre chacun à un chef d'agression sexuelle à l'endroit d'une jeune femme de 21 ans dans une chambre d'hôtel en février 2014.

Le témoin a déclaré avoir communiqué avec la présumée victime par messages textes et de vive voix par téléphone à plusieurs reprises, peut-être quelques fois par semaines selon lui, une fois de retour à Ottawa.

L'avocate de M. Foucher a pressé le témoin à savoir s'il avait découragé la présumée victime à porter plainte contre des personnes présentes ce soir-là. Ce dernier a dit qu'il ne s'en souvenait pas, mais que lui et la jeune femme étaient restés en bons termes après les événements allégués.

Une rencontre en ligne

Lundi, ce même témoin a raconté avoir rencontré la présumée victime par l'entremise de l'application Tinder.

En réponse aux questions de Me Célina St-François, mardi, il a dit ne pas se souvenir qui avait d'abord communiqué avec qui par l'entremise de l'application. Il a toutefois déclaré que c'est la jeune femme qui l'avait approché au bar dans la nuit du 1er au 2 février  2014.

Par ailleurs, le témoin a raconté que la présumée victime a assisté au match des Gee-Gees et des Thunderwolves le soir du 1er février. Les deux se seraient alors rencontrés pour la première fois après le match, à l'aréna. Puis, ils ont passé une partie de la soirée ensemble au bar T & A's.

Ils auraient ensuite eu une relation sexuelle en retournant à sa chambre d'hôtel, alors déserte. Quelques minutes plus tard, le témoin aurait aperçu M. Donovan près de son lit. Le témoin dit avoir quitté la pièce pour s'habiller et avoir, quelques instants plus tard, vu la présumée victime faire une fellation à son coéquipier.

Un ordre de la cour interdit la publication du nom de la présumée victime ou de toute information pouvant permettre de l'identifier. C'est pourquoi Radio-Canada a décidé de taire l'identité de ce premier témoin.

Le témoin n’a pas toujours dit la vérité

L’homme dans la vingtaine a également avoué ne pas toujours avoir dit la vérité à la femme. Dans les minutes qui ont suivi leurs ébats, ce dernier lui a affirmé par message texte qu’il était désolé, puisqu'il avait été expulsé de la chambre par un vétéran, en l'occurrence Guillaume Donovan, et qu'il n’était qu’une recrue.

Or, en cour, il a dit que ce n’était pas tout à fait exact et qu’il n’avait pas été rejeté par l’accusé, mais qu’il avait quitté la pièce de son propre chef.

Puis, quelques jours plus tard, l’entraîneur-chef Réal Paiement a rencontré individuellement tous les joueurs de l’équipe, ou presque, qui étaient du voyage. Le témoin lui a alors dit qu’il avait parlé à la jeune femme et à M. Donovan en sortant de la chambre.

Toutefois, en cour, il a admis que ce n’était pas vrai à 100 % et qu’il était plutôt parti sans dire un mot.

Le témoignage se poursuit mercredi

L’individu en était à sa deuxième journée de témoignage et il devra retourner en cour mercredi. L’avocat de Guillaume Donovan, Me Christian Deslauriers, a confié à Radio-Canada qu’il s’agit d’un témoin clé.

« C’est un témoin important, chaque témoin qui sera entendu sera important. De ce qu’on comprend, il y a eu beaucoup de coupage dans le gras du point de vue de la liste des témoins. Parce qu’il y aura moins de témoins, ce sont des témoins de plus grande importance », a-t-il dit.

En tout, 4 ou 5 témoins seront appelés à la barre, alors qu’au début du processus judiciaire il y a plus de trois ans, il était question d’appeler 20 témoins à la barre. Le procès doit durer 10 jours au total.

Rappelons que cette affaire avait fait grand bruit en 2014 et avait poussé l'Université d'Ottawa à suspendre son programme de hockey pendant deux ans. L'entraîneur-chef de l'époque, Réal Paiement, avait également été congédié, puisque l'université avait été informée trois semaines après les faits allégués.

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