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Le projet de l'Armée du Salut soulève les passions au comité de l'urbanisme d'Ottawa

De nombreux citoyens ont été entendus mardi au comité de l'urbanisme de la Ville d'Ottawa, qui débattra jusqu'à jeudi du projet de l'Armée du Salut dans le quartier Vanier. Pas moins de 159 citoyens ou groupes ont demandé à faire valoir leur point de vue, certains en faveur du projet et d'autres en opposition.

D'entrée de jeu, les fonctionnaires de la Ville d'Ottawa au service de l'urbanisme ont signifié mardi qu'ils recommandaient d'accepter l'aménagement de ce nouveau refuge de 350 lits dans le quartier de Vanier. Selon les fonctionnaires, le projet respecte les règlements d'urbanisme et les règlements concernant l'établissement de refuges le long d'artères principales de la Ville.

Par la suite, des avis divergents ont été présentés. L'un des premiers à prendre la parole, Benjamin Gianni, professeur d’architecture à l’Université Carleton, a dit s’opposer au projet de l’armée du Salut parce que l'organisme n’a pas montré que Vanier est le meilleur endroit pour son nouveau refuge.

Plusieurs citoyens ont aussi exprimé leurs inquiétudes face aux répercussions de l'ouverture de ce nouveau refuge sur les aînés et les enfants de leur quartier, et même sur les travailleuses du sexe. On craint une augmentation du crime et de la violence dans le secteur.

Louise Lévesque, une résidente de Vanier, a affirmé que seulement 40 % des employés et des services de l'Armée du Salut sont bilingues, ce qui constitue selon elle une discrimination linguistique envers les francophones.

Le professeur Tim Aubry de l'Université d'Ottawa, spécialiste des questions d'itinérance, a expliqué que le projet de l'organisme caritatif était trop gros, et que ce n'était pas nécessairement une bonne chose pour les sans-abri de concentrer une gamme de services sociaux au même endroit, puisque cela avait pour effet d'accroître l'effet de ghettoïsation d'une clientèle déjà marginalisée et stigmatisée.

Le professeur Aubry ne s'est pas dit contre l'ouverture de refuges d'urgence pour les sans-abri, mais il croit que ces refuges devraient plus petits, temporaires et « organisés pour faire en sorte que leurs clients se trouvent un logement permanent le plus rapidement possible ».

Action Logement appuie le projet

La directrice générale d'Action Logement, Marie-Josée Houle, attend pour sa part avec impatience l'ouverture du nouveau refuge.

Les bureaux de l'organisme, qui offre des services en logement abordable et en prévention d'itinérance, sont situés à côté de l'endroit où sera aménagé le refuge de l'Armée du Salut.

Mme Houle affirme qu'elle voit « tous les jours des sans-abri tenter d'entrer dans ses locaux et de squatter les fins de semaine ».

« Le chemin Montréal à Vanier est fréquenté par des sans-abri, par des toxicomanes sans domicile fixe, et l'Armée du Salut leur offrira un toit, en plus des services appropriés », a-t-elle dit.

Les commerçants inquiets

Mark Kaluski, président de la Zone d'amélioration commerciale (ZAC) du quartier Vanier, s'est dit inquiet de l'impact de l'arrivée de ce refuge d'importance dans le secteur.

M. Kaluski a expliqué que la ZAC avait de la difficulté à recruter de nouveaux commerces et que l'organisme avait placé beaucoup d'espoir dans le réaménagement du site de l'ancien motel Concorde afin d'attirer un développement qui aurait permis de redynamiser le quartier, qui abrite trop de prêteurs sur gages et de comptoirs de vente de cannabis.

« Nous avons cruellement besoin de restaurants originaux, de bars attirants, de petites boutiques de quartier », a soutenu M. Kaluksi, qui a ajouté que depuis l'annonce du déménagement du refuge de l'Armée du Salut à Vanier, le quartier a perdu des investissements.

Avec les informations du journaliste Gilles Taillon

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