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Le projet Guertin pourrait être soumis à un référendum

La Ville de Gatineau devra finalement consulter la population dans le dossier du nouvel aréna Guertin. La Commission d'aménagement du territoire a décidé, mercredi soir, de recommander l'adoption du projet de loi privé à l'Assemblée nationale pourvu que les résidents se prononcent.

Le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, a proposé un amendement, que la commission a accepté, pour soumettre le projet à un processus référendaire.

« L'importance, pour nous, était que la population y voit son intérêt. L'ajout du processus référendaire au projet de loi permet à la population de se prononcer. S'ils ne sont pas d'accord, ils vont réagir », a estimé Mario Laframboise, porte-parole en matière d'affaires municipales pour la Coalition avenir Québec.

Si le projet de loi est adopté par les députés de l'Assemblée nationale, la Ville émettra un avis public pour l'ouverture d'un registre. Si 14 288 personnes signent le registre (soit 10 % de toutes les personnes pouvant voter), Gatineau devra tenir un référendum sur le projet dans son ensemble. Si moins de 14 288 personnes signent le registre, le projet est adopté.

Cette décision en faveur du projet de loi 227 a été prise au terme de trois heures d'audition à Québec.

« Essayons quelque chose qui pourra changer la façon dont les municipalités peuvent offrir des services à la population, pour laquelle les risques sont partagés, mais que les bénéfices sont gagnant gagnant pour la communauté, la Ville et l'organisme à but non lucratif (Vision Multisports Outaouais) », a mentionné le député du Parti québécois Martin Ouellet dans ses remarques finales. Il résumait ainsi les propos tenus par plusieurs députés membres de la commission.

Le maire de Gatineau défend son projet

Plus tôt, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a défendu le projet de loi, qui doit permettre à la Ville de Gatineau d’aller de l’avant avec le projet de complexe composé de trois glaces communautaires et d’un amphithéâtre de 4000 places.

Le projet de loi rend possible pour la Ville de « conclure, de gré à gré, avec un organisme à but non lucratif tout contrat relatif à la construction et à la gestion sur son territoire d’un aréna ». Vision Multisports Outaouais (VMSO) pourrait ainsi être responsable de la construction et de la gestion du complexe.

Le maire a vanté le modèle choisi par son administration. « VMSO assume tous les risques liés à la construction, aucun dépassement de coût n’est donc possible pour la Ville », a souligné M. Pedneaud-Jobin.

Il a estimé les économies de Gatineau, en frais de gestion et en entretien, à un minimum de 33 millions de dollars sur 25 ans.

« Pour le réaliser, nous avons besoin de votre aide », a plaidé le maire.

Des représentants du groupe VMSO et de la Ligue de hockey junior majeur (LHJMQ) étaient aussi sur place pour manifester leur soutien au projet. Le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, a qualifié le modèle d'affaires d'« inspirant ». Selon lui, il pourrait être repris par d'autres équipes de la ligue.

Des élus expriment des craintes

Après l’intervention du maire, quatre conseillers municipaux sont venus exprimer leur désapprobation face au fait que l’octroi de ce contrat se fasse sans appel d’offres.

« Le processus doit être transparent et équitable. Nous n’avons pas l’assurance que c'est le cas », a affirmé le conseiller municipal du district de Touraine, Denis Tassé.

La Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ) et des syndicats affiliés à la CSN ont aussi témoigné contre le projet de loi privé. La CEGQ a notamment soutenu que le projet de loi allait créer un précédent remettant en question l'intégrité des marchés publics.

« Évitons de créer un précédent en déclarant trop rapidement nos lois inefficaces et nos institutions inadaptées aux besoins de la Ville », a recommandé Jean-Patrick Dallaire, du comité des affaires juridiques à la CEGQ. « Si vous le faites, si la Ville le fait, je ne peux que nous souhaiter que le projet se déroule sans la moindre éclaboussure. Autrement, on ne pourra pas affirmer aux citoyens qu’un problème est passé à travers les mailles du filet, parce que le filet, on l’aura retiré, tout simplement. À mon avis, ça représente des dangers qui sont inacceptables. »

Avec les informations de Nathalie Tremblay et Roxane Léouzon

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