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Le recul de la proportion de francophones dans la région suscite des craintes

Les inquiétudes sont vives chez certains membres de la communauté francophone d'Ottawa et de Gatineau à la suite du dévoilement des données du Recensement de 2016, mercredi, qui montre notamment un recul de la proportion de francophones dans la région.

Pour Jean-Paul Perreault, président d'Impératif français, il s'agit carrément d'un constat d'échec des politiques linguistiques des différents ordres de gouvernement. Il croit que ceux-ci doivent prendre leurs responsabilités pour assurer une croissance, un développement et un avancement de la francophonie au pays.

De son côté, Gilles LeVasseur, professeur de gestion et de droit à l'Université d'Ottawa, se réjouit qu'il n'y ait pas de déclin majeur de la proportion de francophones à Ottawa. Toutefois, il estime que la situation est problématique dans certains secteurs de l'Est ontarien, dont Hawkesbury et Casselman.

« On voit un mouvement migratoire anglophone vers ces coins-là, parce que les propriétés sont plus agréables, les prix des maisons sont intéressants et, surtout, il y a une construction qui se fait dans ces quartiers-là, ce qui amène un flux migratoire », a-t-il expliqué.

Par communiqué, la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada s'est aussi dite préoccupée par la situation.

« Voir des régions francophones comme la Péninsule acadienne ou l'Est ontarien en difficulté, oui, c'est inquiétant. Voir que le français continue de régresser à la maison, c'est inquiétant. Et même s'il est encourageant de voir la population francophone augmenter dans les grandes villes, encore faut-il que ces gens-là aient accès à des services, des activités, une vie socioculturelle en français », a écrit le président, Jean Johnson.

Le bilinguisme nuit-il aux francophones ?

Par ailleurs, le président de l'organisme Impératif français estime aussi que les avancées du bilinguisme au pays se font au détriment des francophones, notamment dans la région.

Le professeur LeVasseur souligne quant à lui que les francophones d'Ottawa sont en grande majorité bilingues, ce qui n'est pas le cas pour les anglophones.

« Le problème, c'est que la population anglophone n'est pas devenue plus bilingue, ce qui fait qu'on n'a pas plus de facilité à communiquer […] dans la langue officielle de son choix », a-t-il déploré.

Gilles LeVasseur craint que la situation accentue la présence des services en anglais dans la capitale. Selon lui, la langue française doit être plus visible et devenir une langue d'attraction économique afin de progresser.

« Une langue, si elle ne fait pas d'argent, elle ne peut pas se développer à long terme », a estimé M. LeVasseur.

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