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Le salaire des femmes en Outaouais se rapproche à celui des hommes

Les écarts de rémunération femmes-hommes ont diminué au Québec. Et c'est en Outaouais que l'écart salarial est le plus petit, affirme une étude de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Le rapport, publié jeudi et intitulé Évolution de la situation comparative de la rémunération horaire des travailleuses et des travailleurs salariés au Québec entre 1998 et 2016, indique que l'Outaouais se distingue nettement des autres régions administratives du Québec.

En 2016, le ratio de rémunération horaire des femmes en Outaouais a atteint 92 % - c'est-à-dire qu'il équivaud à 92 % au salaire des hommes.

« Il y a eu une progression de 10 points, ce qui est significatif », observe l'analyste en statistique du travail à l'ISQ Luc Cloutier-Villeneuve, en entrevue à l'émission Les Matins d'ici. « Il y a juste la région de la capitale nationale qui se rapproche également. »

« Quand on regarde le salaire moyen des femmes et qu'on le compare à l'ensemble des emplois, les femmes de l'Outaouais gagnent en moyenne le salaire équivalent du marché », résume-t-il.

Il faut noter, toutefois, que les hommes de l'Outaouais ont également vu une amélioration dans leurs conditions salariales, leur ratio est passé de 110 à 118 %.

« Les deux groupes ont avancé de façon importante, ce qui fait que la situation est quand même positive dans votre région », avance l'analyste.

Bonne situation pour les Québécoises

Le Québec dans son semble fait bonne figure. L'étude démontre que les Québécoises ont un taux de rémunération de 89 %, ce qui est plus élevé que partout ailleurs au Canada. Il s'agit d'une progression de 5 points sur une période de 20 ans.

« C'est une moyenne qui n'est pas applicable à tous les groupes que l'on aurait pu étudier, mais on a vu des changements appréciables dans certaines populations », relativise M. Cloutier-Villeneuve.

À ce chapitre, ce sont les jeunes de 25 à 34 ans qui ont fait des avancées importantes. En ce qui les concerne, on peut déjà parler de parité, indique M. Cloutier-Villeneuve.

Chez les 45 ans et plus, ajoute-t-il, on constate une amélioration, mais elle est relative, car ce sont plutôt les hommes qui ont perdu du terrain. Ce qui explique, en partie, pour quelle raison les femmes se sont approchées « indirectement » d'eux.

Note à ne pas négliger, ce sont dans les emplois à temps partiel que les femmes ont un ratio salarial qui dépasse les 100 %. Il faut dire toutefois qu'une minorité d'hommes occupent ce type d'emploi.

M. Cloutier-Villeneuve dit qu'il n'est pas en mesure d'expliquer précisément la raison pour laquelle le Québec se classe aussi bien. Il soupçonne que certaines politiques publiques telles que les services de garde à tarifs réduits peuvent avoir contribué à l'essor des femmes.

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