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Le secteur des chutes Chaudière : un trésor national

C'est en traversant le pont Chaudière au printemps 1988 que Louise N. Boucher découvre pour la première fois l'impressionnant spectacle naturel que lui propose le secteur. Fraîchement arrivée en Outaouais, elle s'émerveille alors à contempler ce site grandiose, un phénomène naturel et urbain unique en son genre, entre Ottawa et Gatineau. Les édifices avoisinants semblaient avoir tant à raconter...

Un texte de Jean-François Chevrier

Après ses années de travail comme gestionnaire au Musée canadien de l'histoire, Mme Boucher entreprend une thèse de doctorat portant sur l'histoire des chutes Chaudière.

Hull, puis Bytowne (Ottawa)

D'un site cérémoniel pour les Anishnaabe, le secteur a accueilli de nombreux explorateurs européens, dont Samuel de Champlain.

Le site des Portageurs - maintenant connu comme le parc des Portageurs - était un lieu de regroupement important pour la traite des fourrures.

Les peuples des Premières Nations s'en servaient comme portage pour contourner les chutes. Les échanges se faisaient en français et dans la langue autochtone.

Après le passage de Champlain, la décision fut prise d'ouvrir ce secteur, jusqu'alors réservé à la traite des fourrures, à la colonisation.

L'américain Philemon Wright s'y installe en 1800, avec une petite communauté d'environ 30 personnes pour y bâtir la première agglomération de la future région de la capitale nationale. Le Colonel By arrivera 26 ans plus tard, pour fonder la ville de Bytown, qui adoptera le nom d'Ottawa en 1855.

Wright s'installe près des chutes Chaudière, puisque celles-ci permettaient d'actionner l'équipement nécessaire à la création d'une communauté, laquelle s'est bâtie tant en français qu'en anglais, puisque les bûcherons travaillaient dans la langue de Molière.

L'histoire racontée par l'art

L'une des particularités de l'histoire des chutes Chaudière repose sur le fait que de nombreuses cartes du secteur ont été réalisées par des artistes, dont le peintre Cornelius Krieghoff et le dessinateur William Hunter.

Les nombreuses oeuvres dressent une image du moment, de la force des eaux aux nombreuses îles qui abritent le secteur.

Dans ses démarches, Louise N. Boucher a réussi aussi à trouver de multiples photos, qui racontent l'industrialisation du secteur.

Le projet immobilier ZIBI

Mme Boucher se réjouit par ailleurs d'apprendre que le nouveau promoteur Windmill s'engage à rénover le complexe des chutes Chaudière.

Elle croit toutefois qu'il est essentiel de mettre en valeur tout ce qui demeurera du domaine public, soit le pont, les chutes, les parcs et les sentiers.

Elle aimerait y voir des espaces publics ainsi que des panneaux d'interprétation, et croit qu'un musée à ciel ouvert permettrait aux résidents et aux touristes de mieux saisir la valeur patrimoniale du secteur.

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