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Le serveur du tartare de saumon ne sera pas accusé

Le serveur du restaurant Le Tapageur, à Sherbrooke, ne sera pas accusé de négligence criminelle. L'homme de 22 ans, qui avait servi du saumon à un client allergique, avait été arrêté par les policiers. 

« L'analyse et l'étude du dossier ont mené les procureurs à conclure que la personne visée par l'enquête n'a commis aucune infraction criminelle », affirme le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Le DPCP refuse d'émettre davantage de commentaires. Le serveur concerné par l'affaire et l'administration du restaurant Le Tapageur préfèrent eux aussi ne pas commenter. 

Soupir de soulagement

L'Association des restaurateurs du Québec (ARQ) a poussé un soupir de soulagement à la suite de l'annonce du DPCP. Selon elle, une décision inverse aurait créé un précédent pour tous les propriétaires de restaurants. 

« Ç'aurait été quelque chose qui aurait bouleversé de beaucoup les manières de faire ou, en tout cas, les relations avec les clients souffrant d'allergies et le personnel de l'industrie de la restauration », avance François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l'ARQ.

Pour M. Meunier, l'événement a été un véritable « wake-up call » qui a permis de mieux comprendre la réalité des personnes allergiques.

Toutefois, rappelle-t-il, le « risque zéro » n'existe pas lorsqu'il est question d'allergies alimentaires.

Des restaurateurs satisfaits

La communauté des restaurateurs de Sherbrooke se réjouit, elle aussi, du refus du DPCP d'aller de l'avant. Plusieurs propriétaires de restaurants s'étaient exprimés en solidarité avec le serveur et le commerce. Le propriétaire de La Fine bouche traiteur, David St-Amour, est l'un d'eux. 

« C'est une très, très bonne nouvelle pour l'ensemble des restaurateurs et des commerçants en alimentation. C'était totalement exagéré comme réaction du plaignant », estime-t-il.

À son avis, l'histoire aura au moins permis de sensibiliser tous les intervenants du milieu de la restauration.

Au restaurant Masala Café de la rue Wellington, le cuisinier Christophe Richetto croit lui aussi que l'événement aura engendré un impact positif.

« Ça nous a amenés à renforcer nos mesures autant sur l'hygiène que les allergies. Ç'a amené une conscientisation. Je suis content que ça se termine ainsi, c'est pour le mieux », estime le cuisinier.  

Une bouchée dans le noir, un EpiPen oublié

Simon-Pierre Canuel, un résident de Gatineau, avait porté plainte au Service de police de Sherbrooke après avoir raconté s'être fait servir un tartare de saumon au lieu du tartare de boeuf qu'il avait commandé. 

Comme il faisait noir, il aurait alors pris une première bouchée sans se rendre compte qu'il s'agissait de saumon. Or, il affirmait avoir dit au serveur qu'il était allergique aux fruits de mer et au saumon. 

Il aurait ensuite commencé à avoir des difficultés respiratoires et subi un choc anaphylactique, ce qui l'a mené au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS), où il a été traité pour sa grave réaction allergique.

« J'ai fait un arrêt cardiorespiratoire le lendemain. Ça s'est produit sur une réaction rebond, c'est une deuxième réaction allergique à la suite de la première. J'ai frôlé la mort », avait-il raconté, avant d'ajouter qu'il avait été dans le coma durant quelques jours. 

Simon-Pierre Canuel n'avait pas son EpiPen avec lui au moment des faits. Il avait raconté l'avoir oublié dans l'auto, avant de dire qu'il était plutôt tombé de sa poche. 

Poursuite civile

Il y a deux semaines, Radio-Canada avait confirmé que le résident de Gatineau réclamait un dédommagement au restaurant pour « dommages subis » et qu'il avait déjà subi d'autres chocs anaphylactiques. Simon-Pierre Canuel donne également des cours pour prévenir ce genre d'accidents. 

 

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