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Le SPVG veut augmenter la proportion de policiers issus des minorités dans ses rangs

Le maire de Gatineau et le chef du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) comptent mettre en place des initiatives pour augmenter la proportion de policiers issus des minorités visibles dans leurs rangs.

Un texte de Roxane Léouzon

Maxime Pedneaud-Jobin et Mario Harel ont exprimé cette volonté samedi lors d’une soirée intitulée « Les jeunes racialisés et le système judiciaire », qui se déroulait à l’hôtel de ville de Gatineau. L’objectif était notamment de discuter de la surreprésentation des personnes noires et des Autochtones dans les prisons au Canada.

Selon M. Pedneaud-Jobin, une façon d’améliorer les relations entre le SPVG et les personnes issues de l'immigration est que le corps policier soit plus représentatif de la diversité gatinoise. M. Harel souhaite également travailler en ce sens.

« À Gatineau, on parle d’environ 12 % de minorités visibles, a souligné M. Harel. On est presque 400 policiers. Si on fait les mathématiques, je devrais avoir une cinquantaine de policiers qui sont issus des minorités visibles alors qu’on en a une dizaine. Donc, on a beaucoup de travail à faire à ce niveau-là. »

Il ne sera pas facile d’augmenter cette proportion, selon les deux dirigeants. « Le problème, c’est qu’on ne peut pas les recruter directement, ce sont des gens qui s’inscrivent, qui vont à Nicolet et qui reviennent ou non à Gatineau, a soulevé M. Pedneaud-Jobin. Et c’est un grand défi parce qu’il n’y a pas beaucoup de gens des communautés culturelles qui s’inscrivent à la police. »

Selon eux, il faut donc intéresser les jeunes à ce métier dès le secondaire, notamment en organisant des discussions dans les écoles et avec les parents, afin que ces derniers encouragent leurs enfants à se diriger vers ce métier.

On veut vraiment démontrer que devenir policier à Gatineau, au Québec, c’est un beau métier, qui est valorisé dans notre communauté.

Mario Harel, chef du SPVG

Darlène Lozis, présidente de l’organisme 3R, qui a organisé l’événement, estime que de tels changements au sein de la police peuvent être positifs. Elle croit également qu’une présence plus accrue de représentants des minorités dans le système carcéral, notamment parmi les agents de probation, peut favoriser la réintégration des détenus.

Une nécessité après les événements de Québec, selon le maire

La soirée de réflexion, organisée dans le cadre du Mois de l’histoire des noirs, a attiré près d’une centaine de personnes, principalement des gens de la communauté noire. Le député fédéral d’Hull-Aylmer, Greg Fergus, était également présent.

Selon Mme Lozis, la présence de plusieurs décideurs à cette soirée de réflexion démontre que ceux-ci sont à l’écoute, ce qui est un premier pas vers l’identification et la mise en place de solutions.

Pour sa part, M. Pedneaud Jobin a estimé qu’un espace d’échange comme celui-là était particulièrement important après l’attentat à la grande mosquée de Québec survenu le 29 janvier dernier.

« Tout ce dont on va parler relève d’une idée générale qui s’appelle le vivre ensemble », juge le maire. « Il y a une différence qui nous enrichit, il y a aussi des choses qui nous font un peu peur, il y a des choses qui sont mal vécues, donc ce dialogue est essentiel pour que tout le monde se sente à l’aise à Gatineau. »

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