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Le tiers des cas d'asthme diagnostiqués à tort, selon une étude de l'Université d'Ottawa

Une personne sur trois ayant récemment reçu un diagnostic d'asthme n'est pas atteinte par la maladie, révèle une étude publiée mardi dans Journal of the American Medical Association.

La nouvelle étude (Reevaluation of Diagnosis in Adults with Physician-Diagnosed Asthma) menée par le docteur Shawn Aaron, directeur de la division de pneumologie à l'Université d'Ottawa, suggère que ces personnes ont en fait reçu à tort un diagnostic ou se remettent déjà de la maladie.

« Ce n'est pas toujours un mauvais diagnostic, [...] parce que l'asthme peut s'améliorer spontanément », a précisé le chercheur.

Dans 20 % des cas, l'asthme est en rémission. Dans les autres cas, majoritairement, le diagnostic était erroné dès le début.

L'étude s'est cantonnée à l'évaluation d'adultes. « On ne sait pas ce qui se passe pour les enfants », a expliqué le Dr Aaron.

Pour bien diagnostiquer l'asthme, il faut faire un test simple, la spirométrie. Les patients inspirent dans un tube, ce qui permet de détecter le volume de l'air dans les poumons et la vitesse à laquelle l'air circule.

« Environ 75 % des gens qui ont reçu un mauvais diagnostic n'avaient pas subi ce test », a signalé le professeur. « Cela indique qu'on a un problème dans notre communauté ».

Il y a beaucoup de gens qui prennent des médicaments pour l'asthme, alors qu'ils n'en ont pas besoin.

Le Dr Shawn Aaron, directeur de la division de pneumologie à l'Université d'Ottawa

Le fait de prendre des médicaments contre l'asthme alors que l'on n'est pas asthmatique entraîne des coûts inutiles évalués à 1000 $ par an. Les effets secondaires de ces médicaments sont aussi importants, selon le chercheur. Ils peuvent causer de l'ostéoporose, des cataractes et des champignons dans la bouche.

Un rapport publié en octobre 2016 révélait aussi que 9 Canadiens sur 10 ayant l’asthme ne le maîtrisaient pas.

« Nous observons une lacune flagrante dans les connaissances à toutes les étapes du processus de cette maladie relativement répandue », a réagi la présidente-directrice générale du bureau national de l’Association pulmonaire canadienne, Debra Lynkowski, dans un communiqué. « L’asthme est une maladie pulmonaire sérieuse et les Canadiens qui en sont atteints méritent un diagnostic adéquat pour pouvoir le maîtriser ».

Avec les renseignements de la journaliste Josée Guérin

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