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Légalisation du cannabis : le manque de préparation dans les milieux scolaires inquiète

À quelques mois de la légalisation du cannabis, certains estiment que le milieu de l'éducation n'est pas prêt à accompagner les jeunes, en raison d'un manque de plans de formation concrets et de ressources.

Les sommes et les plans d’action prévus par les ministères de la Santé et de l’Éducation, tant au Québec qu’en Ontario, tarderaient à se concrétiser sur le terrain alors que la légalisation du cannabis approche à grands pas.

« Il n’y a rien de précis. C’est ça qui nous dérange et qui nous inquiète : c’est que ni nous comme organisme communautaire ni nos partenaires scolaires n’avons de détails sur la sensibilisation qui va se faire sur le terrain, c’est-à-dire dans les écoles auprès des élèves », explique le directeur général du Centre d'intervention et de prévention en toxicomanie de l’Outaouais (CIPTO), Yves Séguin.

Même si la légalisation représente à certains égards un saut dans l’inconnu, il y aurait déjà suffisamment d’informations pour mettre en place une stratégie afin d’éduquer et de sensibiliser les jeunes.

« Il y a une partie qu’on peut déjà faire, c’est-à-dire apprendre au jeune à reconnaître quand un comportement prend trop de place dans la vie », reconnaît la professeure au département de criminologie à l’Université d’Ottawa, Line Beauchesne.

« Pour ce qui est plus particulièrement du cannabis, il y a toute une série d’éléments dont on ne peut pas parler soit parce que la réglementation n’est pas encore passée, soit parce qu’il va falloir des formations pour les enseignants », précise-t-elle.

Former et embaucher du personnel pour accompagner les jeunes en milieu scolaire pourrait s’avérer difficile dans la région, croit la présidente du Syndicat de l’enseignement de l'Outaouais, Suzanne Tremblay.

« On est dans un contexte dans le réseau scolaire dans lequel il manque de ressources […] Mais, ça va probablement prendre des ressources supplémentaires pour travailler et accompagner en prévention et aider les jeunes qui ont des problèmes de consommation », déplore Mme Tremblay, qui précise aussi n’avoir reçu pratiquement aucune information concernant des mesures précises qui seront mises en place dans les écoles de l’Outaouais.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux a cependant indiqué par courriel que « le réseau de l'éducation sera interpellé prochainement pour contribuer aux actions prévues, notamment en milieu scolaire, mais aussi auprès des parents et des professionnels œuvrant auprès des jeunes afin de bien les outiller face à la légalisation du cannabis ».

Avec les informations de Claudine Richard

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