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Légalisation du cannabis : près de la moitié des Gatinois craignent des enjeux frontaliers

Les résidents de Gatineau craignent davantage l'impact de la légalisation du cannabis dans la région que ceux d'Ottawa, selon un sondage CROP réalisé pour le compte de Radio-Canada.

Selon les données du sondage, qui sera intégralement dévoilé lundi, 47 % des résidents de Gatineau ont des craintes relativement aux différences de réglementation entre le Québec et l'Ontario. À Ottawa, il s'agit de 39 % de la population. Le sondage a été mené en janvier auprès de 1067 personnes.

Dans le passé, le simple fait de traverser le pont n'a pas empêché les jeunes Ontariens de profiter des règles plus souples du Québec en matière de consommation d'alcool. Comme pour l'alcool, l'âge légal pour consommer de la marijuana, au moment de sa légalisation cette année, sera de 18 ans au Québec et de 19 ans en Ontario.

De plus, la consommation dans les lieux publics sera interdite en Ontario, tandis qu'elle sera permise au Québec.

« Étant donné que la législation va être peut-être plus permissive au Québec au niveau de l'âge, est-ce qu'on va voir des hordes de jeunes d'Ottawa qui vont venir consommer le produit au Québec? C'est un peu caricatural tout cela, mais ça fait partie de la perception populaire au moment ou l'on se parle », affirme le président de CROP, Alain Giguère.

Selon le sondage, 15 % des Gatinois questionnés « craignent beaucoup ou assez » le va-et-vient entre les provinces. On ne retrouve aucune donnée pour les résidents d'Ottawa à ce sujet dans ce sondage.

Très différent de 1990

Selon le professeur au département de géographie de l'Université d'Ottawa Marc Brosseau, ces différences ne risquent pas de donner lieu à des événements comparables à ceux des années 1990 avec les bars de la Ville de Hull.

« Ça peut donner lieu à des petits débordements ou des déplacements de population, mais de façon très ponctuelle. J'imagine que les moments où il pourrait y avoir une petite recrudescence de consommateurs de cannabis dans les lieux publics, ça va être l'été, dans des très belles journées, lorsqu'il y a des festivals, des activités particulières », explique-t-il.

Il n'en demeure pas moins que certaines craintes sont bien présentes chez des élus de Gatineau .

« On a tous en tête les années 90 avec l'alcool et on ne veut pas revivre ça avec la mari », explique le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) ne s'attend pas à vivre d'importants dérapages, mais reconnait que la région pourrait vivre des enjeux particuliers.

« Comment les villes vont trouver cet équilibre dans la réglementation pour ne pas que ça dérape, pour ne pas que les citoyens soient [affectés] par les incivilités et en même temps pour ne pas avoir à vivre une prohibition déguisée », a souligné le chef du SPVG, Mario Harel.

Une quarantaine de points de vente officiels seront ouverts dès 2018 en Ontario. On sait déjà qu'Ottawa aura le sien. À Gatineau, le maire se contente de dire que des pourparlers sont en cours alors qu'une quinzaine de boutiques doivent ouvrir leur porte sur le territoire du Québec.

D'après le reportage de Stéphanie Allard

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