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Légalisation du cannabis : vers une harmonisation avec l'Ontario?

Le gouvernement du Québec reconnaît l'importance d'arrimer ses méthodes d'encadrement du cannabis avec celles de l'Ontario, qui va créer une filiale de la Régie des alcools de l'Ontario (LBCO) pour gérer la vente et la distribution du cannabis dans la province.

Un texte d'Estelle Côté-Sroka

« C'est clair qu'on cherche une certaine cohérence avec l'Ontario, mais est-ce que cohérence veut dire identique? Non », a indiqué, mardi, la ministre déléguée à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois.

Lors de son passage à Gatineau pour la dernière séance de consultation publique sur l'encadrement de la marijuana, Mme Charlebois a précisé que plusieurs facteurs doivent être pris en considération afin de statuer sur le mode de distribution et l'âge minimal de consommation.

« L'Ontario a établi une barre minimum pour la réglementation dans les autres provinces », a quant à lui souligné l'analyste principal en matière de politiques à la Société canadienne du cancer, Rob Cunningham.

Conséquemment, si une autre province devait avoir des règles plus souples que l'Ontario, elle devrait trouver de bonnes raisons pour le justifier, selon lui.

« L'objectif est de diminuer et de contrôler la consommation, et en particulier auprès des adolescents, et si on a une réglementation plus faible, les objectifs ne seront pas atteints », a-t-il dit.

M. Cunningham croit que l'âge minimal de consommation devrait être établi à 21 ans, alors que l'Ontario entend restreindre la vente de marijuana aux personnes de 19 ans et plus.

Des citoyens inquiets

« Il va y avoir beaucoup d'harmonisation à faire avec la loi qui va être adoptée bientôt en Ontario », a lancé Robert Lépine, un Gatinois qui a pris part à la consultation citoyenne de mardi.

Il estime aussi que la région de la capitale nationale risque de connaître des enjeux en termes d'harmonisation.

« C'est sur que l'âge légal risque de poser problème », a-t-il souligné, ajoutant qu'il privilégie un modèle de distribution pris en charge par l'État.

D'ailleurs, la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, a suggéré de créer un modèle semblable à l'Ontario et de confier la gestion de la marijuana à une filiale de la Société des alcools du Québec.

Si le modèle ontarien en matière de cannabis récréatif est un bon point de départ, souligne Line Beauchesne, professeure titulaire au Département de criminologie de l'Université d'Ottawa, le gouvernement québécois ne devrait pas négliger l'importance que pourrait avoir le marché des produits thérapeutiques.

« Dès que tu mets des règles sur le récréatif [les gens] se retournent tous vers le thérapeutique et ce marché là n'est pas contrôlé », a-t-elle expliqué.

Le gouvernement du Québec déposera sa loi-cadre sur le cannabis à l'Assemblée nationale cet automne.

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