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Les agents de sécurité du Parlement multiplient les moyens de pression

La grogne des 240 employés du service de sécurité du Parlement du Canada, à Ottawa, s'intensifie. Le syndicat qui les représente multiplie les moyens de pression au sujet du renouvellement de leur convention collective, échue depuis mars 2017.

Un texte de Godefroy Macaire Chabi

Depuis plus de trois semaines, les agents de sécurité exercent de nombreux moyens de pression, comme le port de pantalons non réglementaires et l'inscription du mot « respect » sur leur uniforme.

Le but ultime est de forcer l'employeur à s'asseoir à la table de négociation pour négocier un nouveau contrat de travail.

Le président de l'Association des employés de sécurité du Parlement, Roch Lapensée, dénonce surtout le refus de l'employeur de mener un dialogue franc et sincère au sujet de leurs revendications. Celles-ci portent essentiellement sur les salaires, les conditions de travail, la santé et sécurité.

« On parle de multiples griefs déposés à la Commission des relations de travail [de l'Ontario], on parle de rencontres pratiquement inexistantes avec le syndicat et naturellement du refus de l'employeur de s'asseoir à la table de négociation », a déploré M. Lapensée.

Projet de loi C-59, un irritant

Le Service de protection parlementaire (SPP) a été créé le 23 juin 2015 par la Loi no 1 (projet de loi C-59) sur le plan d'action économique. Il s'occupe principalement de la sécurité physique dans toute la Cité parlementaire et sur l'ensemble des terrains de la colline du Parlement.

Le SPP a vu le jour dans la ligne droite de la fusillade qui a eu lieu sur la colline en octobre 2014. Il fusionne les anciens services de sécurité du Sénat et de la Chambre des communes, ainsi que l'Unité de sécurité de la colline parlementaire de la GRC.

Les réformes introduites par l'application de la loi ont conféré à la GRC un rôle plus accru dans la sécurité du Parlement, le directeur du nouveau service relevant entre autres de la police fédérale. Cette situation irrite sérieusement les agents de sécurité, qui pensent qu'ils devraient se rapporter en premier aux présidents du Sénat et de la Chambre des communes.

M. Lapensée demande que les dispositions du projet de loi C-59 concernant le SPP soient purement et simplement retirées afin de permettre aux agents de sécurité d'assumer pleinement leurs mandats.

« Nous, ce qu'on demande, c'est que le Service de protection parlementaire revienne aux parlementaires, qu'il soit totalement indépendant, qu'il ne réponde pas à la GRC, qui ultimement répond au gouvernement », a justifié M. Lapensée.

Le NPD les soutient

À la Chambre des Communes, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a donné écho aux revendications des employés en bombardant le gouvernement de questions mardi.

Son porte-parole en matière de sécurité publique, Matthew Dubé, dénonce le rôle accru laissé à la GRC pour la gestion de la sécurité du Parlement, au détriment des agents de sécurité. Il estime que la sécurité de l'enceinte parlementaire doit relever d'une structure indépendante.

M. Dubé critique ouvertement la lenteur observée dans le règlement du dossier de la convention collective et en appelle au gouvernement afin de forcer la main à la GRC.

« De se retrouver dans une situation où ils sont sans contrat depuis le mois de mars, c'est qu'on tarde vraiment à s'asseoir avec eux pour négocier des conditions de travail à la hauteur de ce qu'on doit offrir à des gens qui offrent ce service-là. C'est quelque chose qu'on déplore, on est solidaire avec eux », a-t-il poursuivi.

L'Association des employés de sécurité du Parlement souhaite un appui politique important dans son combat. C'est pour cette raison qu'il promet de poursuivre la sensibilisation des parlementaires jusqu'à ce qu'ils soient entendus.

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