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Les Algonquins de l'Ontario s'opposent au projet nucléaire de Chalk River

L'audience publique de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) s'est ouverte sous fond de tensions mardi après-midi à Pembroke, en Ontario.

Un texte de Yasmine Mehdi

Les Algonquins de l'Ontario estiment qu'ils n'ont pas été assez consultés par rapport au renouvellement du permis d'exploitation des Laboratoires Nucléaires canadiens (LNC) à Chalk River. Si la licence lui était accordée, les LCN pourraient exploiter ces laboratoires jusqu'au 1er avril 2028.

Dès le début des discussions, les fonctionnaires de la CCSN ont fait savoir que les LNC répondaient aux réglementations environnementales et ont recommandé que la licence soit accordée.

« La CCSN conclut que les LNC sont qualifiés pour mener les activités autorisées par la licence et qu'ils mèneront ces activités en prenant des mesures pour protéger l'environnement, la santé et la sécurité des personnes », a déclaré une directrice de l'agence fédérale, Haidy Tadros.

La représente des Algonquins de l'Ontario, Lynn Clouthier, a toutefois déclaré que la conformité aux règlements ne devrait pas être le seul critère mis en valeur pour évaluer la demande des LNC.

Mme Clouthier estime que la communauté algonquine n'a pas été suffisamment consultée et demande que la licence soit accordée à condition que les LCN soient tenus de consulter les communautés autochtones.

« Les Algonquins ont le droit de participer à prendre les meilleures décisions possible pour protéger la Terre-Mère [...] Nous voulons une véritable consultation », a-t-elle affirmé, rappelant les engagements du gouvernement Trudeau envers les communautés autochtones de partout au pays.

Les représentants des LNC ont quant à eux réitéré leur préoccupation pour la sécurité des habitants de la région et se sont engagés à poursuivre leurs recherches contre le cancer et à moderniser leurs infrastructures s'ils obtenaient la license.

« La protection de la rivière des Outaouais est tout aussi importante pour les LCN. Nos employés travaillent près de cette rivière, vivent près d'elle, leur famille et leurs enfants nagent dans la rivière. La rivière fait partie de notre vie quotidienne », a déclaré son président-directeur général, Mark Lesinski.

Le dépotoir en trame de fond

L'audience publique a pour mandat de se pencher sur l'octroi d'une licence d'activité, toutefois, la question controversée du projet de dépotoir de déchets nucléaires à Chalk River était l'éléphant dans la pièce.

La semaine dernière, cinq groupes autochtones ont manifesté devant le Parlement du Canada pour exprimer leur désaccord face au projet et au permis, rappelant par le fait même leur inquiétude face à l'entreposage de déchets nucléaires près d'un cours d'eau.

Un professeur du département de génie civil de l'Université d'Ottawa se spécialisant dans la gestion de déchets nucléaires, Mamadou Fall, croit que la construction d'un tel dépotoir pourrait en effet présenter des risques pour l'environnement.

« Si [les déchets nucléaires] contaminent l'eau, il y a des conséquences non seulement pour la faune, mais aussi pour les êtres humains. Ça, il faut absolument l'empêcher », a-t-il déclaré.

Pendant trois jours, des représentants de communautés autochtones, des groupes environnementaux, des experts ainsi que des acteurs politiques débattront de la demande des LNC. Le Caucus Iroquois, la Nation Anishinabek et la Nation métisse de l'Ontario doivent présenter un mémoire à l'audience.

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