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Les anglophones de l'Outaouais demandent plus d'aide pour apprendre le français

Après l'annonce de nombreux investissement des gouvernements pour les langues officielles, les anglophones de l'Outaouais se mobilisent pour demander plus d'aide dans l'apprentissage du français.

Un texte de Yasmine Mehdi pour Les malins

En mars, le gouvernement fédéral annonçait un investissement de 2,7 milliards dans les langues officielles en milieu minoritaire ainsi que la création d'un fonds pour les anglophones du Québec.

Dans son budget, le gouvernement du Québec prévoyait l'octroi d'une enveloppe de 3 millions de dollars pour maintenir de bonnes relations entre le gouvernement et les anglophones - dont 2 millions pour recueillir de l'information sur la communauté anglophone de la province.

Le président de l'Association régionale West Quebecers, Arthur Ayers, accueille bien ces initiatives. Or, selon lui, du travail reste à faire pour favoriser l'intégration des anglophones de la région, notamment par l'éducation.

« En arrivant dans la région, ça m'a surpris qu'il n'y ait pas de programme d'école publique véritablement bilingue. C'est toujours en immersion, dans l'une ou dans l'autre langue et il faut choisir », a-t-il déploré.

« La langue, c'est à la fois un outil et une fenêtre vers la culture », a-t-il poursuivi. « Je ne suis pas convaincu [que les anglophones unilingues] peuvent réellement s'intégrer. »

Pour contrer ce phénomène, West Quebecers a récemment mis sur pied un programme de cours de français langue seconde destiné aux adultes.

« Au Québec, les nouveaux arrivants ont accès à des cours de français gratuits, mais pas les gens qui viennent de l'intérieur du Canada », a expliqué M. Ayers.

L'organisme a pu bénéficier d'une subvention de 54 000$ du ministère des Affaires municipales et cherche maintenant à embaucher des enseignants.

David Ostrosser espère que cette initiative portera ses fruits. Pour ce francophile installé à Québec depuis 25 ans, l'idée de vouloir vivre en français « est devenue une obsession ».

L'Aylmerois est impliqué au sein de l'organisme Impératif français et veut inciter sa communauté à mettre les bouchées doubles pour apprendre la langue de Molière.

« Ça m'agace de voir des gens qui habitent ici depuis longtemps, qui rentrent dans un magasin et qui s'attendent à se faire servir en anglais », a-t-il confié. « Aylmer devient juste une autre banlieue d'Ottawa pour ces gens-là. »

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