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Les appels à la ligne directe de fraude et d'abus d'Ottawa en baisse de 33 %

Le nombre d'appels à la ligne directe de fraude et d'abus de la Ville d'Ottawa a baissé de 33 % en 2017 par rapport à l'année précédente. C'est ce que constate le Bureau du vérificateur général (BVG) de la Municipalité dans un rapport déposé, jeudi, devant le Comité de la vérification.

La ligne directe de fraude et d'abus permet aux employés de la Ville d'Ottawa et aux citoyens de dénoncer des cas présumés de fraude et d'abus au sein de l'appareil municipal.

Elle a été créée en 2005 pour les fonctionnaires municipaux et ouverte au grand public en 2009. L'an dernier, 40 % des appels venaient d'employés de la Ville et 60 % de citoyens.

En 2017, la ligne a reçu un total de 192 signalements. De ce nombre, 58 étaient en lien avec une « utilisation non autorisée ou abusive de biens ou de renseignements municipaux ou du temps de travail », comparativement à 82 en 2016. Dix de ces cas mettaient en cause des employés et un visait un fournisseur.

Les situations citées vont notamment de l'utilisation d'outils à des fins personnelles à l'utilisation d'un véhicule appartenant à la Ville pour des fins autres que le travail. Un employé a même « vendu des vêtements aux couleurs de la Ville pour son propre profit durant ses heures de travail », selon le rapport du BVG.

L'an dernier, trois employés ont été congédiés à la suite d'enquêtes menées après des appels faits à la ligne directe, un employé a démissionné et un autre a pris sa retraite.

Bien que le nombre de signalements soit en baisse, le vérificateur général de la Ville d'Ottawa, Ken Hughes, a indiqué que la ligne est « toujours très utile, puisqu'elle permet d'améliorer la culture éthique de la Ville et de changer les attitudes pour décourager la fraude et l'abus ».

Il a indiqué qu'en date de jeudi, le nombre d'appels faits à la ligne directe depuis le début de 2018 était semblable au nombre d'appels pour la même période en 2017.

Le Comité de la vérification agit

Le président du Comité de la vérification, Allan Hubley, a soutenu que cette baisse du nombre de plaintes est « le résultat du travail de la direction de la Ville ». Il s'est réjoui de l'amélioration de la reddition de comptes à la Ville d'Ottawa.

« La direction a réglé les quelques incidents mettant en cause des comportements inappropriés en apportant différentes mesures correctives, dont la discussion avec l’employé et la suspension », a indiqué le Comité de la vérification d'Ottawa dans un communiqué. « Dans certains cas, l’employé a démissionné, est parti à la retraite ou a été congédié. »

Fait à noter, 60 % des dossiers fermés à la suite d'appels à la ligne directe ne relevaient pas du Bureau du vérificateur général, contenaient trop peu d'information pour enquêter ou étaient des allégations infondées.

Des camionnettes trop chères

Dans un autre rapport, lui aussi soumis au Comité de la vérification d'Ottawa jeudi, le BVG a indiqué que la ville n'avait pas réalisé les économies escomptées pour l'achat de 71 camionnettes de marque Mercedes.

Parmi les failles relevées par M. Hughes, aucune analyse de rapport qualité-prix n'avait été faite en lien avec l'achat de ces véhicules. Il a dit ne pas comprendre pourquoi la Ville a procédé ainsi.

« C'est nécessaire, selon nous, que les gestionnaires doivent savoir tous les choix qui existent » afin d'avoir le meilleur véhicule au meilleur prix, a-t-il dit.

M. Hubley a affirmé que « des leçons ont été apprises » à la suite de ces achats. Celui qui est aussi conseiller du quartier Kanata-Sud a indiqué que des ajustements seraient faits afin d'apporter plus de transparence dans le processus décisionnel.

Le BVG a fait huit recommandations pour « renforcer le processus d'acquisition des véhicules » de la Ville d'Ottawa, en passant notamment par un processus d'appel d'offres et une analyse « en bonne et due forme du rapport qualité-prix ».

Les rapports du Bureau du vérificateur général de la Ville d'Ottawa seront examinés par le conseil municipal le 11 juillet prochain.

Avec les informations de Gilles Taillon

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