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Les attentes des francophones sont élevées face au Plan d'action sur les langues officielles

Les organismes francophones au pays ont les yeux rivés mercredi sur le gouvernement fédéral, qui doit dévoiler son Plan d'action sur les langues officielles.

Un texte de Josée Guérin

C'est une feuille de route qui couvrira les cinq prochaines années et dont le maître d'oeuvre sera la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly.

Si les leaders francophones ont accueilli plutôt favorablement l'enveloppe de 400 millions de dollars contenue dans le dernier budget fédéral, ils espèrent que le plan apportera maintenant des précisions sur les investissements et les priorités d'Ottawa.

La Fédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA) souhaite pour sa part plus de pouvoir décisionnel pour les organismes et moins d'intermédiaires gouvernementaux.

« Ce dont on a parlé beaucoup, c'est de bâtir la capacité de nos communautés par le biais de stratégies d'investissement direct. Ce qu'on a voulu faire, c'est de vraiment livrer un message très fort auprès du gouvernement que les investissements dans l'appareil gouvernemental, comme on a fait par le passé, ne fonctionnent pas. Investir dans l'appareil gouvernemental, ce n'est pas un investissement dans nos communautés », a estimé Jean Johnson, président de la FCFA.

Stimuler les arts et la culture

De son côté, la Fédération culturelle canadienne-française espère que le plan d'action sur les langues officielles accordera une importance accrue au domaine des arts et de la culture.

« On veut que ce plan-là reconnaisse la part des arts et de la culture comme moteur de vitalité communautaire. On entend souvent parler de l'économie, de l'éducation et de la santé, mais les arts et la culture, dans nos communautés, c'est extrêmement important », a dit Martin Théberge, président de la Fédération culturelle canadienne-française.

En Ontario, la communauté francophone réclame pour sa part des investissements pour assurer la survie d'organismes en difficulté. Selon Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), le milieu communautaire a sérieusement besoin d'aide.

« Les montants de base ont été gelés pendant une dizaine d'années et ça a été extrêmement difficile pour nos organismes communautaires de toutes sortes. Plusieurs ont dû mettre du personnel à pied, ont dû couper dans leurs activités, dans leur programmation et dans certains cas, on va vu certains organismes disparaître », a souligné Carol Jolin, président de l'AFO.

L'AFO estime qu'il ne faut pas uniquement favoriser l'épanouissement de la francophonie dans les grands centres urbains. Ainsi, M. Jolin croit qu'il faut diriger aussi du financement vers les régions rurales.

Les jeunes ne veulent pas être oubliés

Le dévoilement du plan d'action sur les langues officielles crée également beaucoup d'attentes du côté des jeunes francophones du pays. La Fédération de la jeunesse canadienne-française souhaite des mesures qui viseront l'épanouissement de la vie en français dans les communautés et l'accès aux services.

« Ce plan d'action, c'est une boussole pour s'assurer que les langues officielles au Canada demeurent une priorité, oui pour nous en tant que jeunes qui vivent dans les communautés francophones en situation minoritaire, mais aussi pour toutes les sphères de la fonction publique », a indiqué Justin Johnson, président de la Fédération de la jeunesse canadienne-française. « Les thématiques importantes pour les jeunes sont l'accès à l'éducation postsecondaire en français, l'employabilité et l'enjeu de la sécurité linguistique. »

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