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Les campus ontariens dépassés par les besoins en santé mentale

Les collèges et les universités de l'Ontario font face à une hausse importante des besoins pour les services en santé mentale, selon une nouvelle étude rendue publique par l'association qui représente les fournisseurs de services de santé mentale sur les campus.

La présidente de l'Association de santé des universités et des collèges de l'Ontario (OUCHA), Meg Houghton, espère que ces données encourageront la province à créer une stratégique coordonnée sur les campus.

« Je ne veux pas faire d'hyperbole, mais la vérité est que des vies sont en jeu [trad. libre », soutient-elle.

L'OUCHA vient de publier les résultats d'un sondage effectué auprès de 25 000 étudiants, qui fréquentaient un collège ou une université en Ontario au printemps 2016.

« Nous avons une crise majeure entre nos mains », soutient Mme Houghton, aussi directrice de l'accessibilité, du bien-être et du développement des étudiants au Collège Humber de Toronto.

Elle précise qu'en raison d'une croissance des besoins et d'une augmentation de la complexité des problèmes, les campus rapportent de longs temps d'attente pour obtenir des services en santé mentale.

Une longue attente à l'Université Carleton

Greg Owens, un étudiant en neuroscience de l'Université Carleton, s'estime chanceux d'avoir eu accès à un professionnel de la santé mentale pour traiter une dépression lorsqu'il est arrivé à Ottawa. Toutefois, il devait se rendre à Hamilton pour obtenir ces soins, qui n'étaient pas disponibles rapidement à Ottawa.

Les étudiants de l'Université Carleton peuvent attendre jusqu'à quatre semaines pour voir l'un des cinq conseillers. Ces derniers doivent desservir une clientèle de plus de 30 000 étudiants, précise M. Owens, aussi président de l'Alliance étudiante pour la santé mentale.

Selon lui, lorsqu'un étudiant entreprend des démarches pour obtenir de l'aide, c'est habituellement en raison d'une crise. Une longue attente peut mener au décrochage, estime-t-il.

Un plan d'assurance couvrant des services en santé mentale

De son côté, l'Association des étudiants de l'Université Carleton dépense des dizaines de milliers de dollars chaque année pour divers programmes, incluant la campagne de sensibilisation à la santé mentale, précise le président Fahd Alhattab.

L'organisme a aussi embauché un employé pour diriger le centre de santé et de bien-être, qui a commencé un programme d'entraide par les pairs.

Cette année, l'association a aussi ajouté des services en santé mentale dans le plan d'assurance des étudiants. Toutefois, selon Greg Owens, le plan couvre moins de 20 % des coûts d'une thérapie.

Selon le président de l'Association des étudiants de l'Université Carleton, les associations étudiantes tentent d'aider à combler les besoins qui ne sont pas couverts par les universités. Toutefois, c'est l'argent qui manque, estime M. Alhattab.

Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle reconnaît que le sondage de l'OUCHA montre une croissance de la demande. Il ajoute que la province a investi de façon importante en 2013 dans les écoles postsecondaires, notamment avec le financement de la ligne d'assistance pour les étudiants Allô J'écoute.

L'Association de santé des universités et collèges de l'Ontario espère toutefois la mise sur pied d'une stratégie provinciale en santé mentale en partenariat avec les campus, plutôt que le financement de projets particuliers.

D'après CBC

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