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Les conditions de détention de Mohamed Harkat sont assouplies, mais pas suffisemment à son goût

Les conditions de détention de Mohamed Harkat, soupçonné de terrorisme, sont partiellement assouplies. La Cour fédérale du Canada a levé certaines restrictions par rapport à la surveillance dont il fait l'objet, mais a rejeté sa demande de pouvoir se déplacer sans restriction au Canada.

Un texte d'Angie Bonenfant

Le Canadien d'origine algérienne de 49 ans fait l'objet d'un certificat de sécurité depuis 2002. Il est soupçonné d'être un agent dormant du réseau terroriste Al-Quaïda.

Il est soumis à une surveillance étroite de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). Il doit, entre autres, se rapporter aux agents du ministère toutes les deux semaines.

M. Harkat demandait à la cour de lui accorder une liberté de mouvement totale au Canada sans devoir en avertir l'AFSC. Il souhaitait également se rapporter aux agents seulement une fois par mois.

Dans un jugement de 55 pages, obtenu par Radio-Canada, la cour rejette la demande de Mohamed Harkat de se déplacer partout au Canada sans restriction. Cependant, elle lui permet de se déplacer n'importe où au Québec et en Ontario pour une période 72 heures sans devoir avertir les autorités.

La cour lui accorde également la permission de se rapporter une fois par mois à l'AFSC.

En plus d'une liberté complète de mouvement au Canada, M. Harkat qui réside dans la région de l'Outaouais demandait un accès plus large à l'internet.

Présentement, M. Harkat a la permission d'utiliser à la maison un ordinateur ayant accès à internet, mais il aurait voulu pouvoir utiliser un ordinateur portable ou une tablette à l'extérieur de sa résidence.

Cet accès, a-t-il plaidé, lui permettrait de se trouver plus facilement un emploi.

Sa demande a été rejetée.

Une déception

L'épouse de Mohamed Harkat, Sophie Harkat, s'est dite très déçue du jugement.

« Au fil des années, mon mari a eu un comportement exemplaire. Le gouvernent n'a présenté aucune preuve prouvant la nécessité des conditions qui sont encore en place », déplore-t-elle. « C'est une déception, mais nous n'avons pas le choix de vivre avec ça jusqu'à notre prochaine évaluation. »

Même si la juge a assoupli certaines conditions de détention, son mari aura toujours de la difficulté à se trouver un bon emploi, plaide-t-elle. Elle aurait aimé, au moins, qu'il puisse utiliser un portable à l'extérieur de la maison.

« C'est possible pour lui de se trouver un emploi même s'il n'a pas accès à un téléphone cellulaire et à l'internet, mais ça le limite énormément et ça le limite au niveau du salaire aussi », soutient-elle.

M. Harkat a été arrêté en 2002 à Ottawa.

Depuis, le gouvernement canadien cherche à le renvoyer dans son pays d'origine, l'Algérie. Les autorités croient qu'il représente une menace à la sécurité des Canadiens.

M. Harkat nie être un agent terroriste et prétend qu'il sera torturé s'il est déporté en Algérie.

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