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Les dessous des recherches de personnes disparues à Gatineau

Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) compte dans ses rangs une équipe spécialisée dans la recherche de personnes disparues qui a mené mardi des simulations de recherches terrestres au parc du Lac-Leamy.

Boussole à la main, les agents du SPVG ont montré aux médias les dessous du déploiement d'une opération de recherche terrestre pendant près d'une heure.

Les types de recherche varient selon les besoins. Les policiers sont parfois à la recherche d'objets ou encore de personnes perdues en forêt.

La clé d'une bonne recherche, selon Émilie Désilets, sergente à la section circulation et événements spéciaux, est d'avoir une vision périphérique. « Il ne faut pas toujours penser que les choses vont se retrouver par terre. La vision 360, il faut regarder en haut, en bas, à gauche, à droit, vire de bord pour avoir une nouvelle perspective », mentionne-t-elle.

Les équipes sont formées d'au moins six policiers, qui doivent adapter leurs techniques à la saison en cours et au moment de la journée.

« Dans une recherche de nuit, la ligne de marche va être beaucoup plus serrée parce que notre champ de vision est réduit. On a des lampes frontales et des lampes de poche qui vont nous aider beaucoup, mais la vision n'est pas la même », affirme le sergent Mathieu Tremblay, superviseur de l'équipe de section circulation et événements spéciaux.

Les conditions météorologiques représentent un grand défi pendant les recherches. Une fine pluie comme celle tombée pendant la simulation mardi ne dérange pas trop, mais une pluie intense peut miner le moral des troupes.

« On est quand même bien équipés, que ce soit des raquettes ou de l'équipement pour rester au chaud. Des chaleurs extrêmes, habillés comme on l'est là, ce n'est pas agréables non plus », explique Émilie Désilets.

Quelles sont les techniques utilisées par la police?

Ratisser un terrain, rechercher des indices ou encore faire le profil de la personne disparue sont autant de techniques au service des corps de police.

« Quant à la recherche comme telle sur le terrain, les endroits où la personne peut se trouver vont être segmentés. Ils vont y aller tranquillement en essayant de ratisser le terrain convenablement pour voir s'ils ont des indices, s'ils trouvent une pièce de vêtements, s'ils trouvent un porte-feuille qui peut être relié à la personne », explique ancien inspecteur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Guy Ryan.

Le travail diffère s'il s'agit d'un adulte ou d'un enfant.

Rappelons que les disparitions volontaires ne constituent pas un acte criminel quand on est adulte.

Des niveaux de qualification

Différents niveaux de qualifications existent en matière de recherche de personnes disparues. Par exemple, le corps de police de la Ville de Montréal est de niveau 5 et la Sûreté du Québec (SQ) est à un niveau 6. Mais les polices de la plupart des municipalités québécoises ont un niveau plus bas.

Le SPVG est équipé pour effectuer des recherches primaires, mais dans des cas plus complexes qui requiert des drônes ou des hélicoptères, il doit se tourner vers d'autres corps policiers.

Certains services de police municipaux ont fait face ces dernières années à des critiques surtout dans des cas de disparitions non résolus. Bon nombre de cas comme celui de Cédrika Provencher, qui a disparu en 2007, et plus récemment celui d'Ariel Kouakou, dans le quartier Ahuntsic-Cartierville à Montréal, ont soulevé des questions quant aux efforts déployés sur le terrain.

Frédéric Kouakou, le père d'Ariel Kouakou avait demandé en avril dernier à la mairesse de Montréal, Valérie Plante de créer au sein du SPVM une escouade spécialisée dans les disparitions d’enfants.

Avec les informations de Jacaudrey Charbonneau, Josée Guérin et Christian Milette

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