Retour

Les festivals de la région se préparent à la légalisation du cannabis

L'odeur de la fumée de marijuana risque-t-elle de se faire sentir un peu plus sur le site de quelques festivals de la région cet été? C'est du moins une réalité avec laquelle tous les organisateurs d'événement extérieurs et tous les festivaliers qui les fréquentent devront prochainement composer. D'autant que certains événements estivaux, dont le Festival de la Curd à Saint-Albert et le Festival des montgolfières à Gatineau, auront lieu après la légalisation du cannabis prévue en août.

Un texte de Kevin Sweet

Un festivalier qui décide de fumer un joint pendant un spectacle extérieur, c’est du déjà-vu. Ce geste peut être choquant pour certains et anodin pour d’autres. Une chose est certaine : les organisateurs de festivals savent tous que ça se produit régulièrement pendant leurs événements, qu’ils le veulent ou non.

Pour le président du Groupe Simoncic, la boîte qui organise à la fois le Festival de la Curd à Saint-Albert, le Festival franco-ontarien à Ottawa et la Franco-Fête à Toronto, l'enjeu s'avère donc de bien planifier l'encadrement des consommateurs de marijuana sur ces sites.

« C’est illégal [pour le moment]. Là, c’est de normaliser l’affaire », poursuit-il.

Les festivals au Québec

Cette tâche pourrait s’avérer un peu plus difficile pour certains organisateurs de festivals destinés aux familles, tel le Festival des montgolfières de Gatineau (FMG).

« On a à coeur le confort des festivaliers et, évidemment, la sécurité des festivaliers », explique Martin Ouellet, le directeur des opérations et de l’aménagement du FMG.

Pour l'instant, Québec compte autoriser la consommation de cannabis dans les lieux publics. Or, certaines municipalités veulent quant à elles l'interdire.

Du côté du Festival des montgolfières, les organisateurs attendent de connaître la position officielle de la Ville de Gatineau, puisque le parc de La Baie, où se déroule l'événement, appartient à la municipalité.

Mais, déjà, ils songent encadrer le cannabis comme la cigarette.

« Au festival, déjà, la cigarette est tolérée dans bien des endroits, mais on essaie d'encourager les fumeurs de cigarette à se diriger vers des fumoirs. On s'est dit qu'on pourrait faire la même chose pour les fumeurs de cannabis, sauf qu'effectivement, on se pose la question: "Est-ce qu'un fumeur de cigarette va être incommodé par un fumeur de cannabis juste à côté de lui?" » soulève M. Ouellet.

À l’instar de la cigarette, le cannabis sera interdit près des installations destinées aux enfants, sur les terrasses, dans les zones où on servira de la nourriture, à l’intérieur des chapiteaux et dans les gradins des événements sportifs.

« Si on décidait soit de l’interdire ou de la contrôler dans des endroits spécifiques, alors ça prend plus de sécurité », raconte M.Ouellet. « Est-ce qu’un bénévole de sécurité peut intervenir auprès d’un festivalier qui, lui, ne veut rien écouter de ce qu’on lui dit? Alors là, c’est une situation délicate avec laquelle on aurait à travailler. » 

Il sera ainsi peut-être nécessaire d’embaucher plus d’agents de sécurité, soutient Martin Ouellet.

Les festivals en Ontario

Du côté de l'Ontario, c'est plus clair : le gouvernement va interdire la consommation du cannabis dans tous les lieux publics, point à la ligne. Il y a donc très peu de changements à prévoir au Bluesfest et au festival CityFolk.

Mais le Festival de la Curd, lui, a lieu sur un terrain privé appartenant à la fromagerie Saint-Albert, dans l’Est ontarien. Sur les lieux, ceux qui veulent fumer la cigarette peuvent déjà le faire dans des zones désignés.

« Il y a des zones pour fumeurs, oui. Si c'est la volonté du conseil d'administration, et si c'est légal, [...] on va agir de la façon que les règlements vont êtres établis » explique Daniel Simoncic.

Et les produits dérivés?

Les organisateurs du Festival de la Curd, qui sont aussi responsables du Festival franco-ontarien, vont même un peu plus loin : lorsque les produits dérivés du cannabis, comme les brownies, seront légalisés, ils souhaitent pouvoir en vendre au même titre que l'alcool. « Ceux qui vendent de l'alcool sur le site du festival suivent des cours qui s'appellent Smart Serve pour s'assurer que la distribution où la vente de l'alcool est faite d'une façon responsable », soutient M.Simoncic.

Pour l’instant, les différents organisateurs d'événements reconnaissent qu'il est à peu près impossible de contrôler la consommation de produit dérivés sur leurs sites. Des produits illégaux qui risquent pourtant de devenir de plus en plus populaires.

Plus d'articles