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Les francophones hors Québec, oubliés des élections 2015 ?

Ils ont fait du bruit tout au long de la campagne en se servant du mot-clic #nouscomptons pour dénoncer « l'exclusion de 2 millions et demi de citoyens francophones » des débats des chefs. 

Quels enjeux précis sont au cœur des préoccupations des communautés francophones hors Québec ? Voici le cinquième reportage de notre série sur les oubliés de la campagne électorale.

Un dossier de Laurence Martin et de Valérie Ouellet

Le téléphone ne dérougit pas dans les locaux de CINN FM, la radio communautaire francophone de Hearst, une communauté tissée serrée de 5000 résidents, dans le nord de l'Ontario.

Au bout du fil : des auditeurs qui veulent souhaiter « bonne fête » à un proche, signaler un objet perdu ou encore offrir du covoiturage vers Sudbury ou Ottawa.

« Les gens sont derrière la radio communautaire depuis des années, c'est à cause d'eux qu'elle existe », explique le directeur général de la station, Steve McInnis. 

Il explique que CINN FM a vu chuter ses revenus publicitaires depuis que son principal client, le gouvernement fédéral, s'est tourné vers les sites web et la télévision pour diffuser ses annonces en français. C'est le cas d'une trentaine de radios communautaires francophones hors Québec. 

Les journaux communautaires souffrent aussi de cette baisse de publicité.

Selon une plainte déposée par l'Association de la presse francophone au Commissariat aux langues officielles du Canada, le placement publicitaire dans 23 journaux communautaires francophones hors Québec est passé de quelque 2 M$ pour l'année financière 2006-2007 à 400 000 $ pour la même période en 2013-2014.

Cliquez ici pour voir notre infographie

Légende. Photo : R-C/Valérie Ouellet

Quel avenir pour les centres culturels ?

À plus de 1000 kilomètres de là, au Centre culturel Frontenac de Kingston, le président Martin Laforest s'inquiète lui aussi de l'avenir de son établissement.

Le centre est le seul à offrir des spectacles francophones dans la région, mais depuis quelques années, les subventions n'ont pas été ajustées à l'inflation et aux coûts d'exploitation qui augmentent constamment. 

Résultat: il y a moins d'argent et le centre essaie de diversifier sa clientèle en organisant des spectacles bilingues ou en mettant des sous-titres anglais à des pièces en français. 

Martin Laforest n'est pas contre l'idée de faire rayonner la culture franco-ontarienne auprès des anglophones, bien au contraire.

Ce qui l'inquiète, c'est que des problèmes de subventions mènent à la fermeture de la salle de spectacles de son centre, un lieu de rassemblement très important pour les francophones de Kingston.

Légende. Photo : R-C/Valérie Ouellet

Avec la collaboration des vidéojournalistes Martine Laberge et Frédéric Pepin.

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