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Les futures célébrations du 1er juillet menacées sur la colline du Parlement

Les travaux sur la colline du Parlement « réduiront significativement » l'espace disponible pour accueillir les futures célébrations du 1er juillet, apprend-on dans une note envoyée à la ministre du Patrimoine canadien Mélanie Joly, obtenue par CBC en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Dans cette note datée de février 2018, les fonctionnaires avisent la ministre Joly que les travaux prévus dans les édifices du Centre et de l'Est, qui abritent la tour de la Paix et la Chambre des communes, grugeront considérablement l'espace disponible pour la foule d'ici 2020.

Ces travaux d'envergure prendront près d'une décennie à compléter. Le ministère travaille donc sur une « stratégie de transition sur trois ans, afin de s'assurer que la fête du Canada demeure un événement de qualité », peut-on lire dans le document interne.

« Excellente nouvelle » pour Gatineau

Les fonctionnaires indiquent que les terrains du Musée canadien de l'histoire et du parc Major's Hill sont trop petits pour accueillir les foules du 1erjuillet. Ils ont toutefois fait remarquer que le parc Jacques-Cartier de Gatineau pourrait être utilisé pour les célébrations de 2019, « ce qui aiderait à augmenter l'offre d'événements du côté québécois ».

La conseillère du district du Parc-de-la-Montagne-Saint-Raymond, Louise Boudrias, a affirmé qu'il s'agissait d'une excellente nouvelle pour Gatineau et pour l'ensemble de l'Outaouais.

« Ça nous permet d'avoir plus de visites chez nous », s'est réjouie celle qui agit à titre de mairesse suppléante. « Le parc Jacques-Cartier a toujours été l'endroit idéal pour faire de l'événementiel. »

La colline du Parlement continuera à être utilisée pour les activités protocolaires en raison de son caractère « iconique », peut-on lire dans la note, mais les célébrations devront vraisemblablement déménager.

Avis partagés des citoyens

Sur la colline du Parlement, dimanche après-midi, les passants avaient des avis partagés sur l'éventuel déménagement.

« Je crois que nous faisons tous partie du même pays, c'est bien de partager. Il y a trop de séparation entre l'Ontario et le Québec », a affirmé Rusty Perkinson, croyant que le changement de lieu pourrait contribuer à l'unité du pays.

Natasha Jankovics croit pour sa part que la colline du Parlement est un lieu à haute valeur symbolique. « C'est important de célébrer la fête du Canada dans la capitale nationale », a-t-elle déclaré.

Pour Sébastien Pelletier, il s'agit d'une « mauvaise décision ». « Je crois qu'ils devraient reporter les travaux et tenir la fête du Canada [sur la colline du Parlement] parce que c'est emblématique », a-t-il affirmé.

Qu'adviendra-t-il des feux d'artifice après 2020?

Les organisateurs de la fête du Canada devront aussi trouver un nouvel endroit pour le traditionnel lancement de feux d'artifice.

D'ordinaire, le lancement a lieu sur la pointe Nepean, non loin du Musée des beaux-arts du Canada. Mais la Commission de la capitale nationale (CCN), qui est propriétaire du terrain, compte le revamper dès 2020.

L'agence fédérale a refusé de commenter le dossier, indiquant dans un courriel que le ministère du Patrimoine canadien était « responsable de la fête du Canada depuis septembre 2013 ».

Cette année, les célébrations du 1er juillet ont attiré près de 50 000 personnes sur la colline du Parlement, en dépit de la canicule.

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