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« Les héros du sport » : Trouver sa place dans le sport à 30 ans grâce au roller derby

Lorsqu'elle franchit les portes du gymnase, Marie-France Paré n'a plus besoin d'expliquer qui elle est ou qui elle aime. Elle devient Mo Reckless, joueuse de roller derby. Cette discipline lui a permis de mieux s'accepter et de trouver sa place dans le monde sportif.

Un texte de Kim Vallière

À l'âge de 30 ans, la Franco-Ontarienne en avait assez de se faire dire non. Son conjoint ne voulait pas qu'elle commence à jouer au roller derby. Elle a pris les choses en main, s'est séparée et s'est achetée une paire de patins une semaine plus tard.

« Il était vraiment contre, il était un peu contrôlant, il disait que c’était trop butch, que ce n’était pas le genre de gens avec qui il voulait que je traîne », explique l’Ottavienne d’adoption. « J’ai fait face à ma vie. Je me suis demandé ce que je devais faire et j’ai décidé de jouer au roller derby. »

Ce sport est majoritairement pratiqué par des femmes depuis sa création. Une équipe d’hommes et une autre qui inclut toutes les identités existent également à Ottawa.

« C’est une communauté tellement inclusive, c’était le contraire de tout ce que j’avais vécu pendant quatre ans », raconte Marie-France Paré, qui pratique le sport depuis maintenant un an.

Après s’être procurée les fameux patins à quatre roues caractéristiques, elle s’est inscrite au programme d’initiation offert à Ottawa, baptisé Fresh Meat. Elle a dû apprendre les règlements, en plus des techniques de patinage et de plaquage.

Marie-France est de plus en plus solide sur ses patins et prend du même coup de la confiance en elle, tant sur le plan de l'identité corporelle que de son identité sexuelle.

« Le derby m’a donné une communauté où c’était correct de faire ça. C’est correct d’être queer, c’est correct d’aimer son corps comme il est. C’est correct d’être féminine des fois et masculine d’autres fois », mentionne celle qui évolue à la position de bloqueuse.

Une place dans le sport

La native de Kitchener n’avait jamais trouvé sa place dans le monde sportif avant de commencer à jouer au roller derby. Elle privilégiait la course, mais au début de la trentaine, elle a finalement trouvé la discipline qui lui donnait envie de bouger, deux fois par semaine.

« Il y a tellement de sports où il faut avoir l’air d’une certaine façon : il faut avoir un corps de danseuse ou avoir la grandeur d’une joueuse de basketball. Ça m’attirait beaucoup qu’il y ait une place pour tout le monde ici », poursuit celle qui travaille comme technicienne de laboratoire.

Ce sentiment d’inclusion se manifeste aussi d’une autre façon pour Marie-France Paré. Elle vit parfois avec des épisodes de dépression et d’anxiété. Comme dans bien d’autres sphères d’activités, une stigmatisation peut être associée aux problèmes de santé mentale dans le milieu sportif.

« Ça m’arrive d’être de mauvaise humeur et de ne pas avoir envie de venir. Mais faire partie d’une ligue et d’une équipe, ça me motive et ça me permet de ne pas exploser, parce que sinon j’exploserais bien plus souvent », raconte-t-elle avec le sourire d’une femme qui se sent finalement au bon endroit, au bon moment.

Le roller derby en cinq questions

1- Comment se joue le roller derby?

Deux équipes de cinq joueuses s’affrontent sur un anneau. Une jammeuse, avec un casque étoilé, s’aligne pour chaque formation, les autres sont des bloqueuses. Chaque fois que la jammeuse réussit à dépasser une bloqueuse, elle marque un point. Les athlètes doivent donc jouer de façon offensive et défensive en même temps.

2- Pourquoi les joueuses ont-elles des surnoms?

Les joueuses se créent des alter ego lorsqu’elles sont en piste. Ces surnoms sont souvent inspirés par des jeux de mots et sont inscrits au dos de leur chandail. Cette tradition s’est formée au début des années 2000, alors que le sport connaissait un regain de popularité. Elle fait partie des caractéristiques propres à l’univers du roller derby.

3- À quoi servent les arbitres au roller derby?

Sept arbitres sont présents pour un match, quatre au centre de la piste et trois à l’extérieur. Ce sont les officiels qui comptent les points et qui distribuent les punitions.

« C’est pour tous les mouvements qui sont considérés comme dangereux. On ne peut pas pousser quelqu’un dans le dos, on ne peut pas frapper les gens avec le coude. Le coup de la corde à linge est un stéréotype, mais ce n’est pas permis », explique Véronique Paquette, arbitre à Ottawa.

4- Est-ce que les stéréotypes rattachés au roller derby sont vrais?

Selon Kimberly Bentham, joueuse et entraîneuse de roller derby, le public croit que le sport est influencé par le mouvement punk et s’adresse surtout aux femmes issues de la communauté LGBTQ. « Mais ce n’est pas vrai, nous avons beaucoup de femmes qui n’en font pas partie et d’hommes qui pratiquent dans notre ligue », précise Véronique, ajoutant que même des enfants s’initient à ce sport à Ottawa.

5- Quels sont les meilleurs conseils pour ceux et celles qui veulent commencer dans le roller derby?

« Pour apprendre le roller derby, ça prend de la ténacité, de la passion pour le sport et vouloir s’améliorer », indique Kimberly Bentham. Elle ajoute que son conseil numéro un, lorsque les recrues chaussent les patins pour la première fois, est de plier les genoux pour baisser son centre de gravité et être plus efficace.

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